Quelques milliers de manifestants à Paris contre l’IVG et l’euthanasie

Comme chaque année, à quelques jours de l’anniversaire de la loi Veil relative à l’interruption volontaire de grossesse, promulguée le 17 janvier 1975, quelques militants catholiques conservateurs organisent une manifestation. Et dans le contexte de la convention citoyenne sur la fin de vie, les organisateurs ont décidé d’ajouter cette année cette question à leurs revendications.

Derrière une banderole de tête proclamant qu’il faut « accompagner la mort, pas la programmer », les participants à cette 17e « Marche pour la vie », 20.000 selon les organisateurs, ont rallié dans l’après-midi les Invalides au départ de Montparnasse. « Nous nous opposons à l’euthanasie et au suicide assisté », a déclaré avant la manifestation le président de la Marche pour la vie, Nicolas Tardy-Joubert. « Alors que 26 départements français sont privés d’unités de soins palliatifs, nous pensons que la priorité politique doit être portée là », a-t-il ajouté, soulignant que « l’interdit de tuer doit rester fondamental ».

Drapeaux bleu-blanc-rouge et symboles royalistes

Dans le cortège coloré de quelques drapeaux à fleurs de lys ou frappés du Sacré-Coeur, symboles royalistes, avaient pris place de nombreux jeunes, d’autres plus âgés, parfois en famille. « On combat pour la beauté de la vie », rêve Hermine Gousseau, 19 ans, une auxiliaire de vie auprès de personnes âgées venue de Lyon, faisant flotter au vent froid un grand drapeau français. Alexis Gaudillère, étudiant de 24 ans, s’est lui déplacé pour « défendre la vie de la conception jusqu’à la mort naturelle » et « faire comprendre à la société qu’il y a des alternatives à cette culture de mort diffusée par le gouvernement ».

« Fatalement, on va pousser les vieux qui sont sur des lits d’hôpital ou dans les Ehpad » à demander à mourir, en leur laissant penser qu’ils sont « des charges pour tout le monde », redoute Benoît, un Parisien de 60 ans, qui n’a pas voulu donner son nom. Les organisateurs ont profité de la marche pour exprimer leur opposition à l’inscription de l’IVG dans la Constitution, votée par les députés en novembre mais qui devra obtenir l’aval du Sénat pour être effective. Sur les pancartes tenues par certains militants figuraient des détournements de slogans écologistes et féministes, tels que « pour un réveil démographique » et « c’est mon corps, pas ton choix ».