France

Meurtre de Vanesa Campos : La peine des accusés nettement réduite en appel

Ils avaient été initialement condamnés à 22 ans d’emprisonnement en première instance par la cour d’assises de Paris, en janvier 2022. « Ils », ce sont Mahmoud Kadri et Karim Ibrahim, respectivement 25 et 30 ans, accusés d’avoir tué Vanesa Campos, travailleuse du sexe transgenre, en août 2018 au bois de Boulogne à Paris, lors d’une expédition punitive. La justice a nettement réduit leur peine en appel, les condamnant jeudi à 17 et 14 ans de réclusion.

L’avocat général Olivier Auféril avait requis mardi des peines de 20 ans contre Mahmoud Kadri pour meurtre en bande organisée et vol aggravé, et de 15 ans contre Karim Ibrahim, pour complicité de meurtre en bande organisée. « Dans cette affaire, il y a le tireur qui appuie sur la détente et celui que je considère comme un complice qui a créé les conditions pour que le geste fatal arrive », avait-il estimé.

« En réduisant de huit ans la peine de notre client, la cour, après des débats apaisés, a restitué le juste rôle de sa participation dans cette affaire », ont déclaré les avocats de Karim Ibrahim, Me Julien Fresnault et Me Fares Aidel, à l’issue du procès. Cette décision a permis de « faire en sorte que justice soit faite » pour Vanesa Campos, a ajouté Me Aidel. Me Quentin de Margerie, avocat des parties civiles – dont la mère et la sœur de Vanesa Campos et cinq de ses collègues – n’a pas souhaité réagir au verdict.

Des voleurs « armés, méthodiques » et « très violents »

Le soir du crime, Mahmoud Kadri et Karim Ibrahim s’étaient retrouvés dans le bois de Boulogne avec une dizaine d’autres jeunes hommes pour affronter les « protecteurs » engagés par des prostituées transgenres sud-américaines, cibles depuis des années de voleurs égyptiens qui détroussaient leurs clients.

Vanesa Campos, 36 ans, avait été tuée lors de cette expédition punitive dans la nuit du 16 au 17 août 2018, dans un endroit reculé du bois de Boulogne où elle exerçait depuis deux ans. Une véritable « exécution », selon Me Quentin de Margerie : « tuer, ils étaient parfaitement prêts à le faire et ils l’ont fait » lors de cette « expédition punitive », avait-il insisté, au nom des parties civiles.

Le travail au bois de Boulogne ? Un « enfer », avait-il décrit devant la cour, où les prostituées font face à des « voleurs armés, méthodiques » et « très violents », qui exercent une « mise en coupe réglée, une exploitation pure et simple de cet endroit du bois de Boulogne ». Face à ces violences, des femmes étrangères vulnérables qui « ne savent pas vers qui se tourner » et qui, selon Me de Margerie, « ont peur de la police car beaucoup sont en situation irrégulière ».

Un homme acquitté

Mahmoud Kadri et Karim Ibrahim comparaissaient en appel aux côtés de trois autres Egyptiens, accusés d’association de malfaiteurs et du vol de l’arme du crime. L’un a été acquitté. Les deux autres ont été condamnés respectivement à trois ans d’emprisonnement dont un avec sursis pour le vol de l’arme, et cinq ans dont deux avec sursis pour association de malfaiteurs.

« La cour d’assises a considéré qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves dans le dossier » et « nous sommes très satisfaits de cette décision qui est juste », a salué Me Léa Zimmermann, avocate de Karim Abousheisha, acquitté en appel. Il avait été condamné à six ans ferme en première instance.