Besançon : Enquête ouverte pour tentative de meurtre après des tirs à l’arme lourde

Ce n’est pas nouveau. Depuis le mois de mai, des tirs à l’arme de poing ou à l’arme de guerre secouent le quartier de Planoise à Besançon (Doubs). Dernière en date, une fusillade, dimanche vers 20h40, a laissé pas moins de 22 impacts de balles d’un calibre de 7,62 mm dans la cage d’escalier d’un immeuble, sans faire de victimes. Aussi, le parquet de Besançon a annoncé ce mercredi avoir ouvert une enquête de flagrance pour tentative de meurtre en bande organisée à la suite de cette série de tirs à l’arme lourde dans le quartier, théâtre depuis plusieurs mois d’une guerre de territoires entre dealers.

« Il ne peut pas être anodin que ces tirs interviennent dans cette zone où depuis mai 2022 une série de tirs à l’arme de poing ou à l’arme de guerre manifeste le fait que des clans rivaux se disputent le contrôle de cette place de deal notoirement connue des toxicomanes », a noté le procureur de Besançon, Etienne Manteaux. Le nombre d’impacts de balles et le calibre des munitions indiquent que les « individus étaient particulièrement déterminés et dangereux », a ajouté le magistrat lors d’une conférence de presse.

D’« éventuelles traces d’ADN »

Un véhicule utilisé par les malfaiteurs a pu être identifié par les enquêteurs puis a été retrouvé à Poligny, dans le Jura. Ce véhicule avait été volé au début du mois à Beaune, en Côte d’Or. Plusieurs jeux de plaques d’immatriculation ont été découverts à l’intérieur. Les exploitations d’éventuelles traces d’ADN et d’empreintes digitales sont en cours. Les enquêteurs ont également identifié un appartement susceptible d’être utilisé par les malfaiteurs comme base arrière, dans le quartier Planoise. Un fusil d’assaut, réplique d’un AK47, et des munitions ont été retrouvés, de même qu’une presse à stupéfiants.

L’appartement investi au petit matin par les enquêteurs de la police judiciaire, assistés par le Raid de Strasbourg, était vide. Mais un homme de 41 ans, très défavorablement connu de la justice avec 25 condamnations, originaire de la région stéphanoise, s’est présenté à l’appartement au moment de la perquisition. Il a été interpellé et placé en garde à vue.

Pour rappel, le mois dernier, une information judiciaire avait été ouverte après deux fusillades qui avaient fait un mort dans ce même quartier. Entre novembre 2019 et mars 2020, deux bandes rivales s’étaient affrontées pour le contrôle du trafic de stupéfiants dans ce quartier de reconquête républicaine (QRR) : 18 fusillades avaient fait un mort et 11 blessés.