
À La Goulette, la Madonna sort aujourd’hui : fin de l’été annoncée.
Chaque année, le 15 août, La Goulette se réveille au rythme d’une tradition profondément ancrée dans son histoire : la procession de la Madonna de Trapani. Cette célébration, qui débute à l’église Saint-Augustin-et-Saint-Fidèle, est bien plus qu’un simple événement religieux ; elle est le reflet d’une ville, de ses habitants et de son riche passé multiculturel.
La date du 15 août coïncide avec la fête de l’Assomption de la Vierge Marie, un moment fort du calendrier catholique. Cependant, à La Goulette, cette journée évoque également des souvenirs d’une époque où les différentes communautés cohabitaient harmonieusement, partageant les mêmes ruelles et célébrations.
L’origine de cette procession remonte à l’essor de la communauté sicilienne dans la région. L’église, située dans l’ancien quartier de la Petite Sicile, est devenue le point de départ de cette tradition, qui, selon des archives historiques, remonterait au début du XXe siècle. Une procession marquante a été documentée le 15 août 1909, illustrant l’importance de cet événement pour les Goulettois.
Historiquement, les hommes portaient la statue de la Vierge, tandis qu’une foule enthousiaste l’accompagnait vers la mer. Ce lien avec l’élément maritime est significatif, car la Madonna était perçue comme la protectrice des pêcheurs, apportant bénédiction et sécurité aux marins. Ainsi, cette procession est devenue un symbole de l’identité de La Goulette, où la vie a longtemps été rythmée par les activités portuaires.
Pour les habitants, le passage de la Madonna vers la mer marquait également une transition saisonnière. Après le 15 août, l’été semblait tirer sa révérence, et les baignades pour les estivants étaient souvent interrompues. Bien que cette croyance soit plus culturelle que météorologique, elle a persisté à travers les générations.
Après une longue période d’interruption, la tradition a été revitalisée en 2017, lorsque la statue de la Vierge de Trapani a de nouveau été portée en procession. Cet événement a permis de raviver la mémoire collective de La Goulette et de redonner vie à cette tradition.
Aujourd’hui, la procession transcende son aspect religieux. Elle incarne une La Goulette cosmopolite, maritime et accueillante, où le patrimoine chrétien est intégré à l’histoire collective de la ville. Bien que pour certains, le 15 août reste le symbole de la fin des baignades, il rappelle surtout que les traditions de La Goulette, loin de disparaître, attendent simplement d’être redécouvertes par les nouvelles générations.
