L’Allemagne, autrefois moteur de la croissance, est désormais à la traîne dans l’UE
Longtemps considérée comme le principal moteur économique de la zone euro, l’Allemagne traverse désormais une période de faiblesse durable. Selon la source, sa production a reculé en 2023, est restée quasi immobile en 2024, puis n’a progressé que de 0,2 % en 2025, alors que l’ensemble de la zone euro avançait plus vite.
Le texte souligne que cette contre-performance ne se limite pas à un ralentissement conjoncturel. Elle touche un pays dont l’industrie pèse encore lourd dans l’économie européenne et dont les chaînes d’approvisionnement sont étroitement liées à celles de ses voisins. Les conséquences dépassent donc le seul cadre national, car l’évolution allemande influence l’investissement, l’emploi et l’activité dans le reste de l’Union.
Une reprise fragile en 2026
En 2026, l’économie allemande a retrouvé une croissance légèrement positive. D’après les données révisées citées, le PIB a augmenté de 0,4 % au premier trimestre puis de 0,3 % au deuxième, ce qui porte la hausse annuelle à 1,0 % à ce stade. Malgré ce redressement, le ministère allemand de l’Économie a abaissé sa prévision annuelle à 0,5 %.
La source attribue cette révision à la hausse des prix de l’énergie, elle-même liée à la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Elle indique aussi que les prix de l’énergie en Allemagne ont progressé de 7,2 % sur un an en mars 2026, première hausse depuis décembre 2023. Cela montre que la reprise reste vulnérable à des chocs extérieurs.
L’industrie et le Mittelstand sous pression
Le cœur du problème se situe dans l’appareil productif. Le texte cite le secteur manufacturier, la construction et le Mittelstand exportateur comme les principaux points de fragilité. Le FMI estime que ces deux premiers secteurs expliquent l’essentiel de l’écart de croissance avec la zone euro.
La source rappelle que la valeur ajoutée manufacturière a atteint son sommet en 2017 et que la production industrielle globale reste environ 15 % sous son précédent pic. Elle évoque aussi des facteurs structurels : infrastructures vieillissantes, retard numérique, pénurie de main-d’œuvre qualifiée, bureaucratie lourde et coûts unitaires de main-d’œuvre élevés. Ces éléments auraient poussé certaines entreprises à investir davantage à l’étranger.
Concurrence chinoise et énergie chère
Le texte insiste sur la montée de la concurrence chinoise. En deux décennies, la Chine serait passée du statut de grand débouché à celui de rival direct, notamment dans les machines et les véhicules. Les exportations allemandes vers la Chine ont reculé de plus de 12 % sur un an au premier semestre 2026, et la Chine n’est plus que le neuvième marché pour les produits allemands, contre la deuxième place il y a cinq ans.
La pression énergétique aggrave encore la situation. Les prix de l’électricité pour l’industrie allemande sont présentés comme environ deux fois plus élevés qu’aux États-Unis. Le baromètre de la transition énergétique de la Chambre allemande de commerce est tombé à -11,5 en 2026, son plus bas niveau depuis 2023, tandis que des entreprises reportent des investissements ou envisagent des délocalisations. La source note enfin que le gouvernement a lancé une expansion budgétaire via davantage d’infrastructures et de défense, mais son efficacité dépendra des réformes structurelles à venir.
Ce qu’il faut retenir
- L’Allemagne a connu une contraction en 2023, une stagnation en 2024 et une croissance très faible en 2025, avant un léger rebond en 2026.
- La faiblesse allemande est surtout liée à l’industrie, au Mittelstand exportateur, à la concurrence chinoise et à des coûts énergétiques élevés.
- Le gouvernement a abaissé sa prévision de croissance 2026 à 0,5 %, mais la reprise dépendra de la mise en œuvre des investissements et des réformes annoncés.
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