
Présidentielle 2027 : La campagne pendant les vacances, utile ou pas ?
À moins de huit mois de l’élection présidentielle, la question se pose : les Français sont-ils enclins à suivre la campagne durant l’été ? Alors que les candidats s’activent pour s’installer au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, la période estivale offre un terrain de jeu particulier pour les responsables politiques. Certains choisissent de se reposer, envoyant des « cartes postales » à leurs concitoyens, tandis que d’autres tentent de capitaliser sur l’actualité pour gagner des points dans les sondages. Mais une campagne estivale est-elle réellement efficace ?
Gabriel Attal, ancien Premier ministre, semble être l’exception en cette saison. Il multiplie les interventions publiques et les déplacements, s’attaquant notamment à la proposition de Jean-Luc Mélenchon de « foutre au feu » une partie de la dette publique. « C’est le seul candidat vraiment en campagne pendant la pause estivale. Cela dit l’état d’esprit de certains qui se voient déjà arrivés », souligne la députée Renaissance Prisca Thévenot. Elle ajoute : « Est-ce que l’actualité s’arrête pendant l’été ? Les campagnes qu’on ne gagne pas sont celles qu’on ne mène pas. »
En revanche, Edouard Philippe, qui mène actuellement dans les sondages, semble adopter une approche plus mesurée. « Les Français ont le droit à un moment de respiration politique et ont d’autres préoccupations pendant l’été. Cela ne sert à rien de courir sur tous les sujets comme un feu follet. Trop de com’ tue la com’ », rétorque le député Horizons Xavier Albertini. Bien que le maire du Havre envisage d’intensifier sa campagne, il ne le fera qu’après août. Deux stratégies distinctes se dessinent pour représenter le bloc central, dont le champion sera désigné en fin d’année.
Les vacances représentent un défi pour les politiciens, comme l’explique Arnaud Mercier, chercheur associé à l’université catholique de l’Ouest. « C’est plus difficile de faire passer des messages politiques quand les Français débranchent. Tout est une question de dosage : réussir à faire parler de soi, sans que cela paraisse forcé », précise-t-il. Pour capter l’attention des Français, Gabriel Attal a lancé un « cahier de vacances » à visée politique, une initiative également adoptée par Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis. D’autres candidats, comme Marine Tondelier, ont choisi des approches innovantes, comme un tour de France en van électrique, tandis que François Ruffin a opté pour l’auto-stop.
Cette période estivale est particulièrement propice à la créativité, surtout à gauche, où le paysage politique est fragmenté. Des candidats moins connus, comme le député socialiste Philippe Brun, cherchent à tirer parti de ce vide pour émerger. « J’ai fait toutes les matinales de France, et campagne tout l’été », déclare-t-il. Il critique ceux qui choisissent de partir en vacances, affirmant que l’actualité ne s’arrête pas et que les audiences restent élevées. « Il y a un créneau à prendre sur cette période », conclut-il, conscient de la concurrence avec des figures comme Raphaël Glucksmann ou Olivier Faure.
En résumé, Arnaud Mercier souligne que l’été peut permettre aux candidats de poser des jalons ou de se faire connaître, mais il n’est pas un moment décisif dans la course à la présidence.
