Burkina Faso : Répondant aux exigences de Ouagadougou, les soldats français vont quitter le pays d’ici « un mois »

L’influence militaire française s’érode au Sahel. Paris va retirer ses troupes du Burkina Faso d’ici « un mois », a indiqué mercredi le ministère français des Affaires étrangères, après avoir été officiellement informé la veille par la junte de la dénonciation des accords de défense liant les deux pays.

« Mardi (…) nous avons reçu formellement la dénonciation, par le gouvernement burkinabé, de l’accord de 2018 relatif au statut des forces françaises présentes dans ce pays. Conformément aux termes de l’accord, la dénonciation prend effet un mois après la réception de la notification écrite », a déclaré le Quai d’Orsay, en assurant que la France « respecter (ait) les termes de cet accord en donnant suite à cette demande ».

Selon la junte, les liens diplomatiques ne sont pas en jeu

Le Burkina héberge actuellement un contingent de près de 400 forces spéciales françaises, la force Sabre. Ces derniers auront quitté le pays « d’ici fin février » et le retrait de tous les matériels devrait être achevé « fin avril », a affirmé une source proche du dossier.

Le gouvernement burkinabé avait pour sa part confirmé lundi avoir demandé le départ des militaires françaises basés dans le pays dans un délai d’un mois, mais Paris avait répondu attendre des clarifications de la part du président de transition Ibrahim Traoré. « Ce que nous dénonçons c’est l’accord qui permet aux forces françaises d’être présentes au Burkina Faso. Il ne s’agit pas de la fin des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France », avait déclaré le porte-parole du gouvernement burkinabé, Jean-Emmanuel Ouédraogo, dans une interview sur la Radio-Télévision du Burkina (RTB).

Le Burkina veut le remplacement de l’ambassadeur français

La France, ex-puissance coloniale, est contestée dans le pays depuis plusieurs mois. En décembre, Ouagadougou avait ainsi demandé à Paris le remplacement de l’ambassadeur de France, Luc Hallade, dans son collimateur pour notamment avoir fait état de la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays. Lundi, Jean-Emmanuel Ouédraogo a indiqué que le gouvernement avait « reçu toutes les assurances sur le fait que les autorités françaises vont accéder à cette requête dès cette semaine ». Mais selon une source diplomatique, le sort de l’ambassadeur n’est pas encore scellé et il se trouve toujours à Ouagadougou.

Avec le prochain départ des troupes françaises, le précédent malien est dans toutes les têtes. Après neuf ans de présence, les militaires français ont quitté le pays l’été dernier, poussés dehors par une junte hostile qui a fait appel à la sulfureuse société paramilitaire russe Wagner.

En coulisses, la junte burkinabée assure toutefois à la France qu’elle ne compte pas s’adjoindre les services de Wagner, dont une équipe de liaison est venue prospecter au Burkina, riche en ressources minières, selon plusieurs sources françaises.