Guerre en Ukraine : « Après des mois de combats difficiles », l’armée ukrainienne reconnaît avoir cédé Soledar

C’est un difficile aveu d’une défaite locale pour Kiev. L’armée ukrainienne a admis mercredi avoir cédé aux Russes la ville de Soledar, dans l’est du pays, deux semaines après l’annonce de sa prise par Moscou.

« Après des mois de combats difficiles (…) les forces armées ukrainiennes l’ont quittée » pour « se replier sur des positions préparées », a indiqué le porte-parole militaire de la zone Est Serguiï Tcherevaty, refusant cependant de préciser quand cette retraite a eu lieu. Le groupe paramilitaire russe Wagner avait annoncé avoir pris Soledar dès le 11 janvier, suivi par l’armée russe le 13. Les Ukrainiens avaient jusqu’à présent refusé de reconnaître cette perte.

Une étape clef vers Bakhmout, selon les Russes

Cette petite ville de la région de Donetsk de 11.000 habitants avant la guerre, connue pour ses mines de sel, est située à proximité de Bakhmout, autre point chaud de l’est ukrainien. L’importance stratégique de Soledar a toutefois été contestée, le centre de réflexion américain Institute for the Study of War (ISW) estimant ainsi qu’il ne s’agissait « pas d’un développement significatif sur le plan opérationnel ».

L’armée russe présente en revanche la conquête de Soledar comme une étape clé pour encercler la ville voisine de Bakhmout, qu’elle cherche à capturer depuis l’été et où les deux camps sont confrontés à de lourdes pertes.

Le recul de Soledar a été « contrôlé, aucun encerclement ou capture massive de nos militaires n’a eu lieu », a de son côté assuré Serguiï Tcherevaty, qui a démenti toute « fuite » des soldats ukrainiens. Avant de partir, les troupes ukrainiennes « ont infligé des pertes incroyables » aux Russes, a-t-il encore assuré, soulignant que la stratégie ukrainienne dans cette zone consistait à « user l’ennemi ».

Un responsable de l’occupation russe dans l’est de l’Ukraine a en outre revendiqué mercredi une avancée des troupes russes à Bakhmout, citant la prise de Soledar comme facteur déterminant. Selon Tcherevaty Tcherevaty cependant, ces affirmations « ne correspondent pas à la réalité ». « Les combats se poursuivent. La situation est difficile, mais sous contrôle », a-t-il ajouté.