
Intervention vétérinaire à Ben Guerdane pour sauver 1 000 chameaux.
Le CRDA de Médenine déploie sept brigades mobiles dans la zone d’El Waâra pour traiter et immuniser un contingent d’environ 1 000 dromadaires face à une prolifération critique de la gale caméline. Les interventions cliniques se prolongeront au cours des prochaines semaines à travers un suivi sanitaire local rigoureux pour restaurer la santé du troupeau.
Le CRDA de Médenine a déployé sept brigades mobiles dans la région d’El Waâra pour faire face à la situation sanitaire. Les autorités préoccupées mettent en garde les éleveurs contre les risques de contamination par les points d’eau.
Une intervention urgente a été lancée à la frontière sud-orientale pour protéger le cheptel camélin, accompagnée d’une caravane sanitaire et vétérinaire. Cette opération se déroule dans la vaste zone pastorale d’El Waâra, dans la délégation de Ben Guerdane, au gouvernorat de Médenine.
D’après les informations fournies à l’agence TAP par Karim El Alani, chef de la direction de la production animale au CRDA, cette action a permis de traiter et d’immuniser un groupe d’environ 1 000 dromadaires. Ces animaux ont reçu des soins en raison d’une prolifération critique de la gale caméline, une maladie parasitaire très contagieuse qui affecte la peau des dromadaires.
Pour lutter contre ce parasite et assainir le troupeau, les vétérinaires ont mis en œuvre un protocole thérapeutique intensif à double action. Les dromadaires ont reçu des injections antiparasitaires systémiques et un traitement topique par application cutanée. Cette approche vise à éliminer rapidement les acariens responsables de la gale et à établir une barrière préventive contre les ectoparasites et autres larves qui mettent en danger cette filière animale essentielle pour l’économie rurale de la région.
Le CRDA a mobilisé ces brigades vétérinaires en collaboration avec les autorités locales et organisations agricoles, notamment l’Union locale de l’agriculture et de la pêche (ULAP) de Ben Guerdane et le Groupement de développement agricole (GDA) d’El Waâra, El Hamada et El Hamil.
En plus des soins médicaux, les brigades ont également dispensé des conseils techniques aux nomades et éleveurs. Les spécialistes ont souligné l’importance d’assainir l’environnement des animaux, de maintenir une vigilance constante, d’isoler les animaux montrant des signes de dépérissement cutané et d’éviter tout rassemblement non contrôlé.
L’analyse épidémiologique présentée par Karim El Alani révèle des changements préoccupants dans les pratiques d’élevage locales. La transition progressive d’un nomadisme pastoral traditionnel vers un élevage extensif non surveillé, où les propriétaires s’éloignent de leurs animaux, retarde la détection précoce des infections.
Les animaux se regroupent de manière autonome et se mêlent aux cheptels voisins lors de l’abreuvement aux rares points d’eau de la région. Ce contact rapproché constitue le principal vecteur de propagation de la maladie.
Pour maîtriser cette situation, le CRDA a annoncé que les interventions cliniques se poursuivront dans les semaines à venir avec un suivi sanitaire rigoureux, afin de restaurer la santé et la productivité du troupeau.
