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Andy Burnham devient leader des travaillistes avant son installation à Downing Street lundi.

Andy Burnham deviendra ce vendredi le nouveau dirigeant des travaillistes britanniques lors d’un congrès extraordinaire du parti à Londres, avant de s’installer lundi à Downing Street pour succéder au Premier ministre démissionnaire. Il a obtenu le soutien d’environ 95 % des 403 députés travaillistes, ainsi que celui de 8 des 11 syndicats affiliés au parti.


Le Labour se prépare à tourner la page Keir Starmer. Andy Burnham va devenir, ce vendredi, le nouveau leader des travaillistes britanniques lors d’un congrès extraordinaire à Londres, avant de prendre ses fonctions lundi à Downing Street pour succéder au Premier ministre démissionnaire.

L’ancien maire du Grand Manchester, qui est l’une des personnalités politiques les plus appréciées du Royaume-Uni, est le seul candidat en lice pour remplacer Keir Starmer, qui avait annoncé son départ le 22 juin dernier.

Andy Burnham, âgé de 56 ans, a reçu le soutien d’environ 95 % des 403 députés travaillistes, qui constituent la majorité au Parlement, ainsi que le soutien de 8 des 11 syndicats affiliés au parti.

Il deviendra chef du Labour puis, en conséquence, Premier ministre sans que le pays ait tenu d’élections législatives. Il prend les rênes des travaillistes, qui ont retrouvé le pouvoir en 2024 après 14 ans de gouvernements conservateurs, alors que Reform UK, dirigé par Nigel Farage, parvient à se placer en tête des sondages.

Les députés travaillistes espèrent qu’avec Andy Burnham, ils pourront contrer l’essor de ce parti anti-immigration lors des prochaines élections législatives, prévues en 2029.

L’intronisation d’Andy Burnham, homme charismatique et communicant efficace, lors du congrès extraordinaire est une simple formalité, mais le chemin a été long jusqu’à ce point.

Keir Starmer, devenu Premier ministre il y a deux ans grâce à une victoire écrasante des travaillistes aux législatives, a tenu le pouvoir plusieurs mois tout en étant de plus en plus contesté au sein du Labour, après avoir multiplié revirements et erreurs.

L’élection d’Andy Burnham comme député le 18 juin dans la circonscription de Makerfield, au nord de l’Angleterre, a ouvert la voie vers Downing Street pour le « roi du Nord », comme il est surnommé.

Après deux tentatives infructueuses pour prendre la tête du parti travailliste, en 2010 et 2015, Andy Burnham a quitté Londres pour retourner dans le nord de l’Angleterre, dont il est originaire. Il a été élu maire du Grand Manchester en 2017.

Reconnu pour son style décontracté, souvent vêtu d’un simple tee-shirt noir et d’une veste, il a gagné en popularité en modernisant cet ancien bastion industriel et en critiquant régulièrement le gouvernement de Westminster.

Durant sa campagne, Andy Burnham a affirmé vouloir « changer le Labour et le pays ». « Il faut redonner le moral aux gens […] Il faut leur donner le sentiment que le pays est sur la voie du redressement », a-t-il déclaré mercredi, lors d’une interview avec Gary Lineker, ancien footballeur reconverti dans les médias.

Lundi, après avoir rencontré le roi Charles III, il sera le septième Premier ministre britannique en dix ans. « Nous n’avons pas (jusqu’ici) apporté les grands changements que les gens attendent […] Je vais essayer de faire quelque chose de différent », a ajouté Andy Burnham.

Pour lui, l’essentiel est « d’aider les gens à faire face au coût de la vie ». « J’ai entendu les gens me dire à Makerfield : « Vous savez, Andy, je ne peux plus sortir pour aller boire quelques pintes, je ne peux plus emmener les enfants en balade, je ne peux plus partir en vacances » », a-t-il raconté.

Il projette de décentraliser le pouvoir et de créer un « N. 10 du Nord » – référence au 10, Downing Street –, qui sera installé à Manchester, afin de garantir que les régions du pays ne soient pas négligées par rapport à la capitale britannique.

Il s’est engagé à respecter le programme électoral du Labour sans augmenter les principaux impôts. Cependant, il devra faire face aux mêmes enjeux que Keir Starmer, notamment une croissance atone et des finances publiques sous pression, dans un contexte de lourd endettement.

Les spéculations vont bon train concernant sa future équipe gouvernementale. D’après plusieurs médias britanniques, dont le Financial Times, l’actuelle ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, pourrait devenir ministre des Finances. Le gouvernement sera annoncé lundi.