Tunisie

Besma Omrani reçoit le Prix Zoubeida Béchir à La Presse : « La littérature nous touche et nous questionne »

Docteure en littérature française, Besma Omrani a récemment été honorée par le Prix Zoubeida Béchir, une distinction qui célèbre la créativité littéraire en langue française. Son premier roman, intitulé « Sursis à volonté », a été publié simultanément par les Éditions Zayneb en Tunisie et les Éditions L’Harmattan en France. Nous avons eu l’occasion de discuter avec elle.

La passion de Besma Omrani pour l’écriture s’est éveillée tardivement, bien qu’elle ait toujours été une grande lectrice. Elle explique que son premier roman est le fruit d’un parcours riche en histoires vécues, en expériences et en épreuves.

Le récit de « Sursis à volonté » suit le personnage de Sobhi, un homme dans la quarantaine, dont la vie est marquée par des défis économiques. Omrani aborde des thèmes universels tels que la précarité financière, le coût de la vie, et les sacrifices que certains font pour subvenir à leurs besoins, notamment en jonglant avec plusieurs emplois. Elle évoque également des réflexions sur la mémoire et la quête de paix intérieure, des préoccupations qui résonnent profondément avec son expérience personnelle et son identité de femme. Elle interroge ainsi le sens de l’existence et les aspirations de chacun.

Dans ce roman, la figure féminine occupe une place centrale. La relation complexe entre Sobhi et sa mère est au cœur de l’intrigue, illustrant un lien souvent conflictuel, empreint de non-dits et d’un amour parfois toxique. À mesure que Sobhi avance dans sa vie, il réalise que ses interactions avec les femmes qui l’entourent sont teintées de difficultés. Omrani, elle-même mère, s’intéresse particulièrement à ce thème, soulignant comment une mère peut être à la fois une source d’épanouissement et de destruction pour ses enfants.

La reconnaissance qu’elle a reçue avec ce prix lui apporte une immense joie, mais aussi une nouvelle responsabilité. Elle ressent désormais une prise de conscience accrue de l’impact que la littérature peut avoir en tant que vecteur d’émotion et de transformation. Pour elle, la littérature est un moyen de toucher les lecteurs tout en les interrogeant sur leur propre vie.