Tunisie

Art, design, artisanat et mode : Phosphorescent Phosphore en lumière

Deux ou trois fois dans l’année, la communauté du Phosphore Creative district nous convie à une fête totale où tous ouvrent leurs portes et créent un nouvel environnement. Un collectif d’artistes a adhéré à une exposition organisée autour d’une opération d’aide et de soutien dédiée à une cause commune.

Deux ou trois fois par an, la communauté du Phosphore Creative district organise une fête totale. Tous les espaces ouvrent leurs portes, transforment leur décor, réorganisent leurs accrochages et créent un nouvel environnement. De nouveaux artistes, des designers inédits, des concepts novateurs, tout est mis en œuvre pour surprendre, étonner et séduire.

La Presse —Il faut bien admettre que cela fonctionne, comme en témoigne l’excellente affluence d’un public souvent blasé par ce type d’événements.

Pour être juste, il faudrait citer tous les contributeurs, car chacun a joué un rôle dans cette effervescence créative. Toutefois, en raison du nombre croissant d’espaces, faisons des choix et partageons nos découvertes.

Un émerveillement se fait sentir dans un petit espace plongé dans l’obscurité, un univers floral digne des plus belles créations de la Renaissance, une explosion de couleurs, de senteurs, une harmonie faite de légèreté, d’équilibre et de cohérence. Nous découvrons l’univers d’Olfa Abdelmoula Sellami, architecte talentueuse jusqu’alors reconnue dans le monde de la mode, qui débute aujourd’hui une nouvelle carrière consacrée à la scénographie florale. Une pause s’impose pour explorer l’exposition d’un trio d’artistes notoires : Mouna Jemal et son âne bleu, Rachida Amara avec la Madone de Bhar Lazreg, et Najet Dhahbi et ses fenêtres dont on ignore si elles sont ouvertes ou fermées. Chacune d’elles s’est absorbée dans l’esprit des lieux et lui a rendu hommage. Un peu plus loin, Soumaya Nakouri nous entraîne dans le mouvement aérien de ses plongeuses athlétiques, un univers de piscines bleues et de maillots rouges, obsessionnel et répétitif, décliné en séquences successives. Son travail met également l’accent sur de poétiques sculptures d’enfants tenant des ballons prêts à s’envoler.

Au sein de Viranda, un espace dédié à l’art de la maison, des tables, terrasses, meubles en rotin et céramiques colorées accueillent la délicate collection de linge de maison d’Anoushka, élaborée avec dentelles, volants et finesse.

Plus loin dans cette rue, où talents, créativité et imagination se croisent, une présence poétique se fait sentir : des fontaines d’intérieur, des lampes, des vases sculpturaux, et des porte-encens expriment l’énergie des éléments – terre, air, feu et eau – dans nos maisons, sous le label d’Accords, conçu par Paola Giacafoni et Kareem Sahbani. Yosr ben Ammar a convié une quinzaine d’artistes pour clôturer sa saison, mêlant des noms familiers de la galerie à d’autres à découvrir. Non loin de là, La Ruche organise une magnifique manifestation solidaire. Un collectif d’artistes, toutes disciplines confondues, a participé à cette exposition, visant à soutenir une cause commune : cette réponse unanime à l’appel des personnes en difficulté honore l’art et les artistes. Phosphore nous a offert de beaux moments et de belles découvertes. On ne peut que regretter que cela ne dure pas plus qu’un éphémère week-end.