
Ecosystème des startups : Pour une économie d’innovation intégrale
L’écosystème des startups en Tunisie a pris forme en 2016 et continue son développement jusqu’à aujourd’hui. La Loi Startup Act accorde un package de 22 incitations aux entrepreneurs, investisseurs et startups labélisées.
Le financement des startups est essentiel pour la croissance économique et technologique du pays. Ces entreprises novatrices ont besoin de ressources financières importantes pour transformer leurs idées en produits viables et commercialisables. Cependant, le processus de financement se révèle souvent complexe et compétitif, nécessitant une parfaite adéquation entre les besoins en capitaux, les stratégies commerciales et les soutiens requis.
Les startups jouent un rôle clé dans le développement économique. Elles nécessitent des moyens financiers pour donner vie à leurs idées et en faire des réalités commerciales. Néanmoins, le financement de ces entreprises peut être un véritable parcours du combattant. Chaque étape, de la recherche de fonds initiaux aux levées de capitaux, exige une stratégie précise et une compréhension fine des mécanismes financiers pour surmonter les obstacles qui pourraient freiner leur progression.
Malgré les défis, plusieurs sources de financement sont accessibles aux startups, comprenant le capital-risque, les business angels et des alternatives telles que le crowdfunding. Toutefois, chaque source a ses propres exigences, qui peuvent représenter des difficultés pour les entrepreneurs.
Des solutions stratégiques ont été mises en place ces dernières années pour aborder les défis liés au financement des startups.
L’écosystème des startups en Tunisie a été établi en 2016 et a continué à se développer. Le Startup Act constitue le premier pilier de cet écosystème, offrant un ensemble de 22 incitations destinées aux entrepreneurs, investisseurs et startups. Smart Capital gère la distribution de ces incitations via sa plateforme startup.gov.tn, réservées aux startups labellisées.
Alaya Bettaieb, ancien directeur général de Smart Capital (2021-2024), a souligné lors d’un débat du Forum Ibn Khaldoun pour le développement que l’objectif du projet est de labelliser 1000 startups d’ici fin 2024, de créer 10 000 emplois et d’atteindre un chiffre d’affaires cumulé de 1 milliard de dinars.
Le second pilier est le Startup Ecosystème, qui, par son programme Flywheel lancé en mars 2021, soutient l’émergence de startups à travers ses sous-programmes AIR et AIR2, ainsi que la création de structures de soutien telles que des incubateurs, accélérateurs et Startups Studios grâce à ses sous-programmes Deal et Sail.
Malgré les aides financières offertes dans le cadre de ces programmes, le nombre de bénéficiaires reste inférieur à celui des candidats, en raison de limitations budgétaires. De plus, les secteurs de la santé, de l’environnement et de l’agriculture sont moins servis par ces initiatives.
Le programme Deal favorise le lancement d’initiatives pour les startups, mais se concentre sur les structures souhaitant s’installer dans des zones reculées, ou celles créant des programmes dédiés aux femmes ou à l’introduction de nouvelles technologies. SAIL est un programme similaire destiné aux structures, mettant l’accent sur la performance, encourageant ainsi la labellisation d’un plus grand nombre de startups et soutenant leur levée de fonds initiale.
« À travers ces programmes, Smart Capital a identifié 53 structures parmi 107 qui réalisent un bon travail d’accompagnement, alors qu’il y en avait moins d’une quinzaine en 2020 », a indiqué l’ancien DG de Smart Capital, ajoutant que « le programme a permis de créer plusieurs structures dans le pays, bien que la concentration reste encore dans le Grand Tunis, Sousse et Sfax ». Le troisième pilier de Startup Tunisia, Startup Invest, est axé sur les mécanismes d’investissement. Son ambition, à travers le fonds Anava d’une taille initiale de 100 millions d’euros, est de constituer 13 fonds d’investissement à trois niveaux de développement des startups : l’amorçage, la croissance et l’expansion internationale.
Lancé en mars 2021, Anava commence avec un fonds initial de 40 millions d’euros, provenant de 75 millions d’euros empruntés par l’État à la Banque mondiale, géré par la Caisse des dépôts et consignations CDC, et en collaboration avec Smart Capital. En décembre 2022, 20 millions d’euros supplémentaires ont été investis par la KfW. Aujourd’hui, Anava a contribué à la création de 10 fonds d’investissement, dont 6 dédiés à l’amorçage en Tunisie. Deux fonds de croissance et deux autres pour l’expansion régionale et étrangère ont également été établis, répartis entre des fonds africains et panarabes.
« Smart Capital est actuellement en phase de levée de fonds tardive pour le fonds de fonds, visant à atteindre l’objectif de 100 millions d’euros annoncé lors de sa souscription au conseil du marché financier. Cela garantira la continuité du financement pour la croissance des startups », a ajouté Bettaieb.
Cela signifie que la Tunisie a accompli la première phase, celle de l’établissement d’un écosystème de startups crédible. La seconde phase est plus ambitieuse : faire passer le programme startups à une économie d’innovation complète. « Le pays qui réussira demain sera celui qui saura attirer, organiser et amplifier les talents mondiaux autour d’une vision technologique souveraine et inclusive ». En matière d’investissement, « la BCT travaille actuellement avec des dérogations pour faciliter le flux d’investissements entre fonds de fonds, fonds et startups. Il est temps que d’autres mesures plus flexibles soient introduites et que certaines soient supprimées ».
Avec le développement significatif de l’écosystème des startups, incluant la labellisation, les subventions et l’existence de 9 réseaux de business angels et de 10 fonds d’investissement destinés aux startups tunisiennes, « il y aura toujours des talents créateurs, des structures d’accompagnement, des investisseurs et des fonds à l’affût d’opportunités, et de nouvelles réussites se profilent à l’horizon ».
L’écosystème Startup Tunisia montre que la Tunisie a franchi une étape importante à l’échelle africaine, grâce à l’établissement d’un cadre légal et financier avancé pour les startups. L’objectif principal pour l’avenir est d’accélérer la mise à jour du code des changes et d’assurer le passage à un « Startup Act 2.0 ».
