
Tour de France 2026 : Pogacar face à des défis records et Paris-Roubaix.
Aussitôt descendu du podium dimanche soir, Tadej Pogacar se tournait vers l’avenir. Certes, il va « savourer » son cinquième sacre sur le Tour de France, ce qui le place au même niveau qu’Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain dans l’histoire du cyclisme, mais le Slovène est en quête de nouveaux défis. « Maintenant, j’ai besoin d’un nouvel objectif », a-t-il déclaré, sans préciser ses intentions. Pas de souci, nous pouvons le faire pour lui.
Le record de victoires sur le Tour de France
Avec les sept victoires de Lance Armstrong annulées pour dopage, la voie est dégagée pour Pogi s’il souhaite devenir le seul détenteur du record. À seulement 27 ans, il a encore de belles années devant lui et la marge nécessaire pour envisager cet objectif sereinement. Dimanche, sur les Champs-Élysées, il affirmait ne pas vouloir « penser à l’histoire, aux records ou à quoi que ce soit d’autre ».
D’autres s’en chargent pour lui. « S’il n’a pas d’accident, pas de problème physique, cela va durer encore trois ou quatre ans. Il va gagner au moins sept Tours », prédit Greg Lemond dans L’Equipe. Avec le Slovène, cela dépendra davantage de lui que de la concurrence, du moins pour l’instant. Ces courses de trois semaines ne sont pas ses préférées, il faudra donc évaluer sa motivation au cas par cas.
Le Tour d’Espagne pour compléter sa collection
Dans l’hypothèse – très peu probable – où il ne participerait plus qu’à un grand Tour, le leader de l’UAE pourrait choisir la Vuelta, qui sait. Car c’est le dernier volet du triptyque qui manque encore à son palmarès. Vainqueur du Giro en 2024, il ne s’est jamais imposé sur le Tour d’Espagne, n’y ayant participé qu’une fois, au début de sa carrière, en 2019.
Pogi avait terminé à la troisième place, derrière Roglic et Valverde. Pourrait-il être au départ dès cette année, le 22 août prochain à Monaco ? « On verra, on verra », a-t-il répondu pour le moment.
L’impossible triplé
Au-delà d’une simple victoire sur la Vuelta, pourquoi ne pas envisager de remporter les trois grands Tours la même année ? Personne ne l’a jamais fait dans l’histoire, mais il y a une bonne raison à cela. Interrogé par nos soins sur cette possibilité en 2024, alors qu’il avait déjà remporté le Giro et le Tour, Lilian Calmejane s’était montré très ferme.
Selon lui, c’est une très mauvaise idée, car les efforts nécessaires pour réaliser cet exploit peuvent compromettre les deux ou trois saisons suivantes. Pogacar n’en aurait certainement pas envie, lui qui a encore des objectifs sur les courses d’un jour. Cependant, s’il y a bien quelqu’un qui semble capable de défier les lois de la science, c’est lui.
Paris-Roubaix, son rêve le plus fou
Pogacar, ou l’art d’explorer tous les terrains. C’est d’ailleurs pour cela qu’il pourrait prétendre au titre honorifique de plus grand coureur de tous les temps une fois sa carrière terminée. Sa participation à Paris-Roubaix l’an dernier était un événement : c’était la première fois depuis trente-quatre ans qu’un vainqueur sortant du Tour de France osait s’attaquer aux pavés du Nord.
Deuxième derrière Mathieu Van der Poel, il s’était bien amusé, puisqu’il est revenu cette année. Encore raté, Wout Van Aert était plus fort. Comme le Slovène ne fait pas du vélo pour s’ennuyer et qu’il adore se battre avec les plus grands spécialistes de chaque course, on peut penser qu’il reviendra. « Je ne peux pas dire maintenant, peut-être que oui », avait-il déclaré en avril dernier, sonné par une course qui ne l’avait pas ménagé. « Il me faut du temps pour analyser et on verra. »
Un faux suspense vu de notre fenêtre. Il suffit de voir l’abnégation qu’il a mise pour dominer Milan-San Remo, qu’il a finalement remporté cette année à sa sixième participation. Paris-Roubaix est le dernier Monument qui lui résiste encore, alors Pogi reviendra à Arenberg autant de fois que nécessaire.
Une médaille d’or olympique
« Fatigué », le Slovène n’avait pas participé aux JO 2024 à Paris. Trois ans plus tôt à Tokyo, il avait décroché le bronze, battu par Carapaz et Van Aert. Contrairement à d’autres objectifs, il n’a jamais fait de grandes déclarations sur son ambition de devenir champion olympique, mais on peut imaginer que cela doit le titiller. D’ailleurs, ses déclarations sur sa volonté de faire le point en 2028, c’est-à-dire après les JO de Los Angeles, avaient suscité de nombreuses spéculations, avec des conjectures immédiates sur une potentielle fin de carrière à cette échéance.
Pogi avait démenti, assurant qu’il avait un contrat jusqu’en 2030 et qu’il le respecterait, « sauf imprévu ». Il envisage même de « continuer à courir » après cette date. Brisbane 2032 ne se fera donc pas forcément sans lui. Mais s’il a vraiment envie, il n’aura sans doute pas besoin d’aller jusque-là. Le final cabossé du circuit prévu à Los Angeles, avec 4 km à 5 % de moyenne et des passages à 8 %, est taillé pour lui.
Le record de maillots arc-en-ciel
Parce que pourquoi pas, après tout ? Pogacar en est à deux titres de champion du monde, grâce à ses victoires à Zurich en 2024 et à Kigali l’an dernier. Le record est de trois couronnes mondiales, détenu par Merckx, Sagan, Freire, Binda et Steenbergen. Tout à fait réalisable. D’autant que, comme pour les JO 2028, les profils des deux prochaines éditions présentent un terrain de jeu favorable.
Les Mondiaux en septembre se dérouleront au sommet du Mont-Royal à Montréal, au terme d’un parcours avec 3.720 mètres de dénivelé positif. Quant à l’édition 2027, elle aura lieu en Haute-Savoie, avec un circuit comprenant la mythique côte de Domancy, un délice de 2,5 km à 9,4 % de moyenne, pour un dénivelé positif total de 5.700 mètres. Du tout cuit, on vous dit.
