
Tour de France 2026 : Les Français éviteront-ils le zéro pointé ?
La dernière semaine du Tour de France a débuté. Alors que les Belges affichent fièrement six victoires, le compteur des Français demeure désespérément vide. Les étapes s’enchaînent, les places d’honneur s’accumulent et la peur de finir sans victoire tricolore, une première depuis 1999, grandit. Peut-on espérer voir un Français lever les bras d’ici l’arrivée sur l’avenue des Champs-Élysées ? Les raisons d’espérer existent encore, même si la fenêtre d’opportunité se réduit considérablement.
Paul Seixas est celui qui s’est le plus rapproché d’une victoire. Le leader de Decathlon CMA CGM a terminé 4e aux Angles, 5e à Gavarnie, 3e au Lioran, 3e au Markstein, 4e au Plateau de Solaison et 4e du contre-la-montre à Thonon-les-Bains. Un bilan impressionnant à seulement 19 ans. Au classement général, il occupe la quatrième place, à 20 secondes du podium. En revanche, pour décrocher une victoire d’étape, la tâche s’annonce plus ardue, car il n’aura aucune marge de manœuvre : pour gagner, il devra surpasser Tadej Pogacar, Remco Evenepoel ou Isaac Del Toro.
Pourquoi pas samedi ? Une fois au sommet du col de Sarenne, il restera 15 kilomètres jusqu’à l’arrivée : une portion de descente, une montée, une nouvelle descente, et enfin une ultime montée de 3,8 kilomètres vers l’Alpe d’Huez. Ce final irrégulier pourrait permettre à un coureur de profiter d’un marquage. Quoi qu’il en soit, la mission s’annonce très difficile.
Il faudra probablement compter sur une échappée. Alex Baudin a réalisé une belle 4e place à Ussel et est en forme. Le problème, c’est qu’il pourrait ne pas avoir les coudées franches au sein de sa propre équipe, avec un Richard Carapaz affamé. Kévin Vauquelin a terminé 6e à Foix et à Belfort. On le voit souvent à l’avant, mais il risque de se heurter à des grimpeurs plus forts que lui lors des trois prochaines étapes.
Puisque Lenny Martinez, septième du général, aura du mal à obtenir un bon de sortie, notre meilleure carte pourrait être Valentin Paret-Peintre. Vainqueur au sommet du Ventoux l’an dernier, le grimpeur de la Soudal Quick-Step vise le maillot à pois, ce qui garantit sa présence à l’avant. Et jouer la victoire ?
Peut-être pas vendredi, au terme des 21 virages de l’Alpe d’Huez : Tadej Pogacar n’y a jamais gagné et souhaitera probablement remédier à cela. De plus, l’étape ne fera que 128 kilomètres, ce qui compliquera la tâche de l’échappée pour creuser un écart.
Il reste donc deux étapes plus favorables, à condition que les favoris acceptent de s’effacer : ce jeudi, en direction d’Orcières-Merlette, et samedi, une étape redoutable avec la Croix de Fer, le Télégraphe, le Galibier et le Col de Sarenne, pour un total de 5.450 mètres de dénivelé positif. Il faudra avoir des jambes solides, sous peine de devoir jouer à quitte ou double sur les Champs-Élysées, face à des concurrents comme Mads Pedersen ou Mathieu van der Poel, attendus de pied ferme dans la rue Lepic.
