Belgique

Grève des pompiers bruxellois : plusieurs casernes vides, conseil des ministres à midi

« On n’a jamais imaginé une mobilisation d’une telle ampleur », déclare Pierre Adams, délégué syndical CGSP. « Parmi les grévistes, il y a même des pompiers que les autorités ont tenté en vain de réquisitionner. C’est du jamais vu. »

La grève est très bien suivie dans les petits postes avancés, tout comme à la caserne centrale de l’Héliport, où seulement 18 des 48 pompiers prévus sont présents ce jeudi.

Pour apprécier pleinement le caractère de cette « grève à durée indéterminée« , il est important de rappeler que les pompiers sont historiquement peu enclins à exercer leur droit de grève.

« Il y a une résilience très forte chez les pompiers et elle est vraiment liée à l’idéalisme de leur métier« , explique Pierre Adams. « Mais il y a une saturation complète de longue date« , ajoute l’adjudant, actuellement en repos pour cause d’épuisement professionnel.

Bien que la grève ait été initialement prévue pour un seul jour – celui de la fête nationale, afin de marquer le coup – elle s’est prolongée. « Les pompiers ont l’impression qu’on minimise leurs problèmes« , analyse Pierre Adams. « Avec les réquisitions, il y a ce sentiment qu’on a tenté de les forcer à travailler plutôt que de lancer une vraie négociation, alors que ça fait des années que les pompiers essaient de prévenir de la catastrophe qui se profile. »

Un conseil des ministres a été convoqué en urgence ce jeudi matin à midi par le ministre-président Boris Dilliès, sous pression, pour aborder la question du sous-effectif structurel et du sous-financement des pompiers bruxellois.

Les propositions formulées par Boris Dilliès n’ont pas suffi à apaiser la colère accumulée depuis des années. « Il n’y a pas d’avancées, c’est de la poudre aux yeux, du foutage de tête« , a réagi Frédéric Leroy, permanent SLFP.

Personne ne souhaite que la situation s’enlise. Bien que la direction du Siamu se montre rassurante en affirmant que « toute personne confrontée à une situation d’urgence ne doit pas hésiter à appeler le 112« , il est indéniable que les ressources humaines seront insuffisantes si plusieurs interventions majeures se chevauchent.

« J’espère que les autorités sont assez conscientes pour être aussi inquiètes que nous« , résume Pierre Adams (CGSP). « Cette inquiétude, ce sens du devoir, c’est ce qui a empêché les grèves chez les pompiers pendant toutes ces années où la situation s’est dégradée.«