France

Guerre au Moyen-Orient : TotalEnergies double son bénéfice net au T2 2023.

Il y a des acteurs qui semblent tirer profit de la situation actuelle. Après un début d’année marqué par l’euphorie et une controverse concernant ses « super-profits », le géant français du secteur pétrolier et gazier, TotalEnergies, a annoncé ce jeudi avoir doublé son bénéfice net au deuxième trimestre, atteignant 5,4 milliards de dollars, contre 2,7 milliards un an auparavant. Cette performance est en grande partie attribuée aux prix élevés des hydrocarbures, influencés par le conflit au Moyen-Orient.

Selon les analystes, ce chiffre dépasse légèrement les prévisions. Ils anticipaient en moyenne un bénéfice de 5,26 milliards d’euros (environ 6 milliards de dollars) d’après les estimations de Factset, et de 6,11 milliards de dollars selon les analyses de Bloomberg.

Dans un contexte de prix élevés en raison du conflit au Moyen-Orient, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a exprimé sa satisfaction dans un communiqué, soulignant que l’entreprise tire parti de son modèle intégré et de sa diversification pour afficher un résultat net ajusté (un indicateur suivi par les analystes) de 6 milliards de dollars au deuxième trimestre.

L’entreprise avait déjà annoncé en avril une augmentation de 51 % de son bénéfice net pour les trois premiers mois de l’année, soutenue par l’envolée des prix du pétrole et du gaz, ainsi que par ses activités de négoce, dans le contexte du début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Cette performance exceptionnelle avait ravivé les appels à la taxation des « super-profits » pétroliers, alors que le groupe est fréquemment critiqué pour la faiblesse, voire l’absence, de son impôt sur les sociétés en France par rapport à ses énormes bénéfices mondiaux.

Jeudi, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, a réaffirmé son refus de participer à ce qu’elle qualifie de « Total bashing ». Elle a déclaré qu’il est une chance d’avoir en France un grand énergéticien mondial capable d’assurer l’approvisionnement des Français et de contribuer à faire baisser les prix, grâce au plafonnement des carburants dans les stations-service du groupe, un mécanisme relancé mercredi en raison de la reprise des hostilités au Moyen-Orient.

Cependant, une coalition d’ONG, comprenant Greenpeace France, 350.org, le CCFD-Terre Solidaire, Notre Affaire à Tous, le Réseau Action Climat et Oxfam France, a critiqué ces profits, les qualifiant d’indécents, surtout alors que la France subit des vagues de chaleur successives, conséquences du changement climatique dont l’industrie pétrolière et gazière est largement responsable.

Pour l’ensemble du premier semestre, TotalEnergies a enregistré un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars, en hausse de 73 % par rapport à l’année précédente, dépassant les 10,6 milliards annoncés pour 2022, année du début de la guerre en Ukraine.

Le groupe a également indiqué que sa production de pétrole et de gaz avait bénéficié d’une croissance organique de plus de 4 % sur un an, grâce à la montée en puissance de projets lancés depuis un an au Brésil, aux États-Unis et en Libye, compensant en partie l’impact des pertes de production au Moyen-Orient, estimées à environ 210 kbep/j (210.000 barils équivalent pétrole par jour) en moyenne sur le trimestre.