
Coupures d’électricité : enquêtes ouvertes contre des cadres et agents de la STEG
Face à une vague de chaleur exceptionnelle et à une consommation électrique record, la Tunisie traverse une période de forte tension sur son réseau électrique. Selon Fethi Mselmi, secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, affiliée à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la principale cause des coupures observées ces derniers jours est un déséquilibre entre une production insuffisante et une demande en forte hausse.
Intervenant ce jeudi matin 23 juillet 2026 sur Jawhara Fm, Fethi Mselmi a estimé que la situation actuelle résulte avant tout d’une pression exceptionnelle exercée sur le système électrique, en raison de l’augmentation spectaculaire de la consommation durant les épisodes de forte chaleur.
“Les climatiseurs fonctionnent, tous les équipements sont sollicités, et la capacité de production n’a pas permis de couvrir cette demande”, a-t-il expliqué, tout en soulignant que le problème central demeure “l’insuffisance de l’offre face à l’évolution de la consommation”.
Au-delà des chiffres et des considérations techniques, le responsable syndical a tenu à rendre hommage aux agents de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), mobilisés sur le terrain depuis plusieurs jours.
Il a salué “les femmes et les hommes de la STEG qui travaillent jour et nuit pour protéger le pays et tenter d’assurer la continuité de l’approvisionnement électrique”, rappelant que plusieurs techniciens interviennent dans des conditions difficiles et parfois dangereuses.
“Ils fournissent des efforts considérables et sont exposés à des risques importants”, a-t-il déclaré, appelant à reconnaître leur engagement durant cette période particulièrement éprouvante.
Revenant sur l’ouverture d’une enquête concernant certains responsables et agents de la STEG à la suite des coupures répétées, Fethi Mselmi a indiqué que le dossier est désormais entre les mains de la justice.
Il a précisé que la partie syndicale attendait initialement la mise en place de commissions techniques chargées d’établir les responsabilités, mais que le parquet s’est finalement saisi de l’affaire.
“Nous espérons que ces enquêtes permettront de comprendre les circonstances ayant conduit à cette situation”, a-t-il déclaré.
Pour le secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, cette crise est indissociable des retards accumulés dans le développement des capacités nationales de production.
Il a rappelé que plusieurs projets publics de production électrique, approuvés depuis 2018 pour une capacité estimée entre 400 et 500 mégawatts, n’ont toujours pas été réalisés.
Selon lui, ces projets auraient pu contribuer à alléger la pression exercée aujourd’hui sur le réseau national.
Il a également affirmé que la partie syndicale avait alerté à plusieurs reprises sur cette problématique, à travers des interventions et des correspondances adressées aux responsables de la STEG.
Réagissant aux critiques accusant le syndicat d’avoir freiné l’ouverture du secteur aux investissements privés et aux projets d’énergies renouvelables, Fethi Mselmi a rejeté ces accusations.
“Nous n’avons jamais été contre l’investissement dans les énergies renouvelables”, a-t-il affirmé, précisant que les réserves syndicales concernaient certains textes qu’il considère comme susceptibles d’affaiblir le rôle de la STEG dans la production d’électricité destinée au public.
Il a insisté sur le fait que la position syndicale était favorable au développement des énergies renouvelables, tout en défendant un rôle central de l’entreprise publique dans la sécurité énergétique du pays.
Interrogé sur l’évolution de la situation, Fethi Mselmi a estimé que la distribution électrique devrait progressivement retrouver un meilleur équilibre avec la baisse attendue des températures.
Selon lui, lorsque les températures reviendront à des niveaux plus modérés, autour de 35 degrés, la pression sur le réseau devrait diminuer, ce qui permettrait de réduire les interruptions.
Il a toutefois appelé à ne pas considérer cette crise comme un simple épisode conjoncturel, mais comme un avertissement nécessitant une préparation pour les prochaines années.
“Cette période doit nous pousser à tirer les enseignements nécessaires et à accélérer les projets capables de répondre aux besoins futurs”, a-t-il conclu.
