
Mouine Chaâbani nommé sélectionneur national : Cela ne suffit pas…
Un entraîneur familier avec le football tunisien et ses mécanismes. Toutefois, il lui faudra davantage pour redynamiser l’équipe nationale.
La Presse — Alors que le temps s’écoulait et que les éliminatoires africaines se profilaient à l’horizon pour l’équipe nationale, une décision devait être prise. C’est ainsi que Mouine Chaâbani a été nommé sélectionneur national pour une durée de quatre ans, avec « un contrat à objectifs et non de résultats ». Une manœuvre, une de plus, qui semble inutile.
La Fédération Tunisienne de Football (FTF) ne pourra pas opérer de changements significatifs en quelques semaines. Il faut composer avec cette réalité, sans pour autant clore le dossier de gestion qui a conduit à l’affaiblissement d’une équipe nationale qui, à un moment donné, était considérée comme un porte-drapeau du football africain.
La désignation d’un sélectionneur ne doit pas mettre un terme à l’examen des responsabilités à tous les niveaux, afin de déterminer les causes et de prendre les mesures nécessaires suite à l’échec du mondial américain. Ainsi, ce dossier, qui a précédé et entraîné la débâcle, ne doit en aucun cas être clos par des décisions spectaculaires visant à détourner l’attention.
Avec la nomination de Mouine Chaâbani, il est essentiel d’expliquer ce que signifie « contrat à objectifs et non de résultats ». Dans tout projet, les résultats sont cruciaux. Cependant, il serait inapproprié, voire absurde, dans une phase de reconstruction, de renvoyer le sélectionneur après un tournoi perdu ou une qualification manquée.
L’entraîneur de l’équipe du Japon a occupé son poste pendant huit ans, et nous avons pu constater les conséquences de cette longévité à nos dépens. Nous avions battu cette équipe japonaise, qui aujourd’hui nous humilie. En ce qui concerne le choix de Mouine Chaâbani, nous avons toujours souhaité avoir un technicien sans antécédents problématiques, et cet homme semble digne de confiance.
Gagnant et aimant les défis, nous espérons qu’il ne sera pas impliqué dans des histoires de régionalisme, d’appartenance à un club, ou de soumission aux agents de joueurs. Éclairé et conscient des enjeux, il saura garder ses distances. C’est précisément ce dont cette sélection a besoin pour se relever. Il est conscient que l’équipe de Tunisie tirait sa force de sa solidarité sur le terrain, une qualité totalement ignorée par l’éphémère sélectionneur Lamouchi, qui aurait mieux fait de se taire en attendant de trouver un autre emploi.
Mouine Chaâbani part donc avec l’avantage de reconstruire sur des bases solides. Il n’a rien à réparer. La chance de cette sélection réside dans le fait qu’elle ne compte plus de « vedettes ». Tous les joueurs sont revenus à l’humilité. Certains d’entre eux n’ont même pas encore trouvé de club. Parmi ceux qui ont été convoqués, pour justifier les dépenses engagées pour les « dénicher », il y a des joueurs qui doivent encore mûrir. Si sa collaboration avec le nouveau directeur technique national est fructueuse, il n’aura besoin de rien d’autre pour accomplir un bon travail.
Mieux encore, ensemble, ils pourraient établir des limites pour les membres fédéraux en définissant les attributions de chaque partie prenante. Son expérience acquise lors de son passage dans la Bottola marocaine l’a sans doute renforcé. Cela constitue un atout pour cette sélection qui a grand besoin d’une main ferme et d’une volonté pour l’accompagner sur le chemin de la renaissance, pour ne pas dire de la résurrection.
