
Prisons : service minimum en place dès les 24 premières heures de grève
« Nous mettons en œuvre les mécanismes déjà prévus par la loi afin de garantir la sécurité, y compris lors des grèves de courte durée. La sécurité du personnel pénitentiaire et de la société reste notre priorité. » C’est ce qu’a déclaré la ministre de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), après que le dernier Conseil des ministres a approuvé un arrêté royal instaurant un service minimum dans les prisons dès les 24 premières heures de grève.
Du côté des syndicats pénitentiaires, cette mesure est mal accueillie. Depuis plusieurs mois, les organisations syndicales négociaient un nombre minimal d’agents pénitentiaires, établissement par établissement, en cas de grève dépassant 24 heures. L’imposition de ce service minimum est perçue comme une trahison et une atteinte au droit de grève.
« Les agents pensent maintenant que c’est pour les empêcher de faire grève et les museler face à une surpopulation qui, depuis deux ans, a atteint des proportions historiques. C’est vraiment dire ‘on ne sait rien faire contre la surpopulation, mais on va empêcher les agents de faire grève, ce qui limitera au moins les dégâts' », a réagi Olivier Vandenhove, détaché permanent CGSP Prisons.
La réponse des agents pénitentiaires pourrait se manifester rapidement. « Il risque d’y avoir des actions dans les prisons d’ici septembre, c’est sûr et certain. Elle (la ministre, ndlr) le savait. Nous l’avions prévenue. Les agents sont déjà à bout. Elle a porté l’estocade, il va falloir qu’elle l’assume », a ajouté Olivier Vandenhove.
Les syndicats estiment que ce service minimum imposé ne fait qu’aggraver la situation et la pression dans les prisons.
