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Coupe du monde 2026 : Quelle pire défaite pour les Bleus ?

Les Bleus n’ont plus battu l’Espagne en compétition officielle depuis vingt ans. L’Argentine et la France ne se sont rencontrées en Coupe du monde qu’à deux reprises, en 1930 et 1978.


De notre envoyé spécial dans un monde imaginaire,

Alors que nous commençons à envisager la suite et la fin de l’aventure des Bleus en Coupe du monde, espérant peut-être le 19 juillet à New York avec le trophée en main, nous nous permettons de penser au pire des trois scénarios qui se présentent à nous, étant donné qu’une petite finale ne nous intéresse guère en cas d’élimination face aux Espagnols, mardi, à Dallas.

Si vis pacem para bellum. Celui qui veut la paix prépare la guerre. Dans notre cas, celui qui veut la victoire prépare la défaite. Voici donc trois scénarios catastrophiques : une défaite contre la Roja en demi-finale, une nouvelle correction argentine qui serait le coup de grâce, ou une humiliation face à l’Angleterre. Rien que d’y penser, cela donne des frissons.

Tout étant question de perspective et de sensibilité, chacun pourra établir son propre classement. Après consultation des six experts du service des sports de 20 Minutes, et en tenant compte qu’il n’existe, bien sûr, aucun bon scénario de défaite, surtout contre ces trois équipes, voici notre classement par ordre décroissant.

3. L’Espagne en demie : C’est difficile mais on s’en remettra, car « pfiou, quelle belle équipe ! »

Étrangement, une défaite avant même de goûter à une troisième finale de Coupe du monde ne nous semble pas la plus douloureuse. Oui, même contre l’Espagne, que nous plaçons très haut sur notre « échelle de rivalités », cette équipe que les Bleus n’ont plus battue en compétition officielle depuis vingt ans, et dont les médias nationaux, dans leur arrogance habituelle, aiment à nous faire passer pour des amateurs.

Parmi les trois adversaires susceptibles de se présenter aux Bleus d’ici au 19 juillet, l’Espagne mérite peut-être le plus de respect sur le plan sportif. Comme l’a dit Lamine Yamal après la victoire serrée face à la Belgique, cette équipe « propose le plus beau football » aux côtés de celle de France. Bien que le niveau général des matchs de cette Coupe du monde ait été globalement décevant, reconnaissons que l’Espagne a montré un niveau de jeu respectable et un parcours difficile, contrairement à d’autres.

Bien que l’équipe espagnole semble avoir une grande confiance (peut-être même trop), nos confrères ont tiré des leçons de leurs erreurs. Contrairement à 2006, lorsque l’Espagne annonçait de manière désinvolte qu’elle allait « envoyer Zidane à la retraite », cette année, les Bleus leur inspirent de la crainte et du respect, une situation qu’ils osent même exprimer publiquement. Qu’en sera-t-il si jamais ils sortent victorieux mardi ? Nous le saurons bientôt.

Placer la Roja en « 3 » ne signifie pas que notre niveau de déception ne sera pas déjà élevé, mais perdre contre une équipe joueuse et dotée de talents rares reste moins douloureux que de s’incliner face à l’Angleterre ou à l’Argentine. Et justement, nous y venons.

2. L’Angleterre, pour la rivalité historique plus que sportive

Perdre en finale est une souffrance que nous ne souhaitons pas même à nos pires ennemis (sauf aux Argentins), et que ce soit contre la Perfide Albion ou l’Albiceleste, le résultat sera difficile à encaisser. Cependant, il a été décidé, après de vifs débats, de placer l’Angleterre en deuxième position. Cela risque de ternir le début de l’été, que l’on avait imaginé paisible, mais ce serait pire en affrontant les Argentins, dont nous allons parler bientôt. Si l’Angleterre est toujours un ennemi que nous détestons aimer, cela s’appuie moins sur le sport que sur une rivalité historique culturelle.

On ne pardonne pas Crécy (1346), Poitiers (1356) ou Azincourt (1415), pas plus que l’infamante gastronomie britannique servie à 18 heures, une heure à laquelle PERSONNE ne mange sur cette planète. Il ne faut pas non plus oublier Trafalgar (1805) ou Waterloo (1815), qui, si la VAR avait existé, comme ce but controversé accordé aux Three Lions face à la Norvège dimanche soir, aurait pu priver l’Angleterre de sa place et de sa gare à Londres célébrant ces victoires.

Sur le plan sportif, de quelle rivalité parlons-nous ? Entre une équipe de France habituée à atteindre le dernier carré du Mondial et une Angleterre qui peine encore à retrouver sa grandeur footballistique. Bien que leur championnat soit considéré comme le meilleur du monde, cela doit beaucoup à la présence de joueurs étrangers, et rappelons que le PSG a été le véritable étendard de la Premier League en Ligue des champions ces deux dernières saisons. Malgré tout, une défaite contre les Anglais reste une défaite contre les Anglais… Mais au moins, ce n’est pas l’Argentine.

1. L’Argentine ? Non, ça, on n’y survivra pas…

Arrivons à l’Argentine. « La petite préférée de Gianni Infantino », comme on le murmure dans les cercles autorisés. Il y aurait tant à dire qu’il est difficile de savoir par où commencer. Précisons que la rivalité sportive entre ces deux nations est aujourd’hui probablement l’une des plus intenses du football mondial, bien que cela ne date pas de longtemps. Avant que les Bleus n’infligent une correction à l’Albiceleste lors d’un huitième de finale devenu légendaire en 2018, point de départ de l’épopée en Russie, les confrontations entre les Bleus et les Argentins étaient rares en Coupe du monde : deux fois en 1930 et 1978.

Il aura fallu attendre 2022 et cette finale mémorable pour que se développe une animosité, et il faut appeler un chat un chat. Si les Argentins ont mérité leur victoire ce soir-là, la manière dont certains, joueurs et supporters compris, ont agi après le match a considérablement réduit le capital sympathie d’un pays que nous aimons tant.

Entre les déclarations de certains joueurs après la rencontre, la célébration de Martinez avec une poupée de Mbappé lors de la parade à Buenos Aires, les allusions récurrentes et déplacées sur les origines des joueurs français, et les chants racistes d’une partie des supporters (qui ont à nouveau eu lieu cette année aux États-Unis…), cela fait beaucoup.

Si la défaite de 2022 restera un souvenir amer, le déroulement dramatique de ce match (nous savions dès le début que, avec Lloris dans les cages, c’était fini) a aidé à apaiser quelque peu la douleur. Cette année, après un parcours simpliste de l’Albiceleste et des décisions arbitrales souvent problématiques, contrebalance ce sentiment de deux poids, deux mesures en ce qui concerne Messi et ses coéquipiers.

Rien que d’imaginer les scènes de joie et d’excès à la sortie du stade, ainsi que les célébrations sur l’Avenida « Nueve de Julio » à Buenos Aires, nous dépassent au-delà de ce que nos petits cœurs seraient capables de supporter. Heureusement, aucun de ces scénarios ne se réalisera, car, et vous l’aurez lu ici en premier, le 19 juillet, c’est l’équipe de France qui se tiendra au sommet du monde dans la ville qui ne dort jamais. Et sinon, passez un bon été à tous malgré tout, nous restons solidaires.