
Athlétisme tunisien : une finale nationale ne progresse pas.
Le stade de Radès a accueilli, les 11 et 12 juillet 2026, une finale du championnat national d’athlétisme, marquée par une participation réduite et un niveau technique insuffisant. Près de 90 % des athlètes arrêtent après le baccalauréat, en raison d’un manque de perspectives.
Le stade de Radès a accueilli, les 11 et 12 juillet 2026, ce qui était censé être la grande finale du championnat national d’athlétisme. Cependant, le spectacle proposé n’avait rien d’une célébration sportive : participation très limitée, niveau technique médiocre et organisation près de la mascarade.
Des finales sans concurrents
Le décathlon senior s’est déroulé avec seulement un athlète. Trois participantes ont pris part à l’heptathlon, deux au 110 mètres haies, et une seule au 3000 mètres steeple. Dans plusieurs disciplines — triple saut, lancer du disque, 400 mètres haies, marche — on ne comptait que deux ou trois concurrents. De nombreuses finales se sont réduites à des épreuves symboliques, avec des jeunes de moins de 18 ou 20 ans intégrés illégalement pour « compléter le nombre ».
Un niveau technique alarmant
Au-delà de l’insuffisance des participants, la qualité des performances suscite des inquiétudes. Les chronos enregistrés étaient insignifiants, avec des sauts et des lancers peu impressionnants : il était impossible de distinguer les résultats d’une compétition authentique. De nombreux athlètes affichaient un surpoids ou un état physique inacceptable pour un championnat national. Des étudiants, d’anciens sportifs ou des amateurs ayant repris l’entraînement récemment ont participé dans l’espoir de décrocher des médailles qui n’avaient pas de valeur réelle.
Les jeunes catégories en souffrance
Dans la catégorie des moins de 16 ans, le manque de formation de base et l’absence de talents prometteurs étaient évidents. Les championnats des moins de 18 ans et des moins de 20 ans, organisés une semaine auparavant, n’ont pas été plus fructueux : faible participation et résultats décevants. Les meilleurs jeunes athlètes ont préféré se tourner vers l’Algérie, devenue une destination prisée pour obtenir des minima qualificatifs aux Mondiaux.
Une crise structurelle
Depuis plus de quinze ans, les résultats du championnat tunisien ne sont plus rendus publics, afin d’éviter de montrer l’ampleur du déclin. Les organisateurs se contentent d’albums photos et de vidéos officielles, transformant ainsi la compétition en une simple cérémonie. Les clubs, financièrement à bout de souffle, survivent grâce aux subventions municipales. Près de 90 % des athlètes abandonnent après le baccalauréat, faute de perspectives. Les véritables cadres techniques ont quitté le pays pour des endroits où leurs compétences sont reconnues.
Un avenir incertain
Malgré tout, quelques passionnés continuent de défendre leurs principes et de former, mais ils restent des exceptions dans un système qui peine à survivre. L’athlétisme tunisien, autrefois sport phare, semble aujourd’hui réduit à une caricature. Tant que des réformes structurelles ne seront pas mises en place, les « finales nationales » continueront d’être des mascarades, éloignées de l’esprit de compétition et des exigences sportives.
