
Les voyageurs face à l’EES, nouveau contrôle aux frontières européennes
Présenté par l’Union européenne comme un outil de modernisation et de sécurisation des contrôles, le système européen d’entrée/sortie (EES) soulève également des questions concernant son impact à court terme, notamment en raison des délais supplémentaires qu’il pourrait engendrer pour certains voyageurs.
Le 24 juillet 2026 à 18h29, cet article a été modifié à 18h52.
Pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026 aux frontières extérieures de l’espace Schengen, le système européen d’entrée/sortie, communément appelé EES (Entry/Exit System), concerne principalement les ressortissants de pays non membres de l’Union européenne effectuant des séjours de courte durée dans cet espace. Il s’applique aux frontières extérieures de la zone Schengen, notamment dans les aéroports, les ports maritimes et les points de passage terrestres.
L’EES marque progressivement la fin du traditionnel cachet manuel apposé sur les passeports lors des franchissements de frontières. Grâce à ce nouveau dispositif, les informations relatives aux voyageurs sont désormais enregistrées électroniquement à partir des données du document de voyage, d’une image faciale et, selon les cas, des empreintes digitales.
Sur le terrain, cette évolution est déjà perceptible. Au port d’Algésiras, nous avons pu observer concrètement le fonctionnement du dispositif. Quelques minutes après son débarquement, le voyageur ne se présente plus uniquement devant un agent de contrôle. Il est dirigé vers une borne électronique où il doit suivre une procédure guidée, scanner son passeport, se placer devant une caméra et, lorsque cela est requis, procéder à l’enregistrement de ses données biométriques. Cette nouvelle expérience pourrait, à moyen terme, devenir familière pour les ressortissants non européens se rendant dans l’espace Schengen.
Pour les autorités européennes, l’objectif est de disposer d’un outil plus performant permettant de mieux contrôler le respect des durées de séjour autorisées, de lutter contre la fraude documentaire et d’améliorer la gestion des flux de voyageurs.
Si l’EES promet à terme des contrôles plus efficaces et davantage automatisés, son déploiement nécessite une période d’adaptation. Les voyageurs effectuant leur premier enregistrement devront notamment prévoir davantage de temps pour les formalités liées à la collecte des données biométriques.
Dans les ports, les aéroports et les postes-frontières très fréquentés, ces nouvelles procédures peuvent entraîner des ralentissements, particulièrement lors des périodes de forte affluence, lorsque de nombreux passagers doivent effectuer leur premier enregistrement. Une situation qui pourrait être particulièrement observée durant la période des retours des Marocains résidant à l’étranger dans le cadre de l’opération Marhaba, une période déjà marquée par une forte pression sur les différents points d’entrée au Royaume.
L’arrivée de l’EES ne modifie pas les conditions d’accès à l’espace Schengen, mais transforme les modalités des contrôles aux frontières. Les voyageurs devront intégrer cette nouvelle étape dans leur organisation, notamment lors de leur premier passage.
Il est recommandé de préparer ses documents de voyage à l’avance, de respecter les horaires communiqués par les compagnies de transport et de suivre les consignes des autorités frontalières ainsi que du personnel présent sur place.
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment la loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
