
Législatives : le PAM mise sur la continuité et les ralliements.
La direction du PAM a présenté, lors d’une réunion de son Conseil national, une liste de candidats comprenant des ministres et des élus sortants, ainsi que deux ralliements majeurs qui ont intégré son bureau politique avant d’exposer les grandes lignes de son programme.
L’essentiel
Le PAM affiche sa confiance pour les législatives de septembre, espérant améliorer son score de 2021. Le parti investit 90 têtes de liste dans toutes les circonscriptions du pays. L’intégration de Fouzi Lakjaa et de Yanja Khattat dans son bureau politique illustre la stratégie du PAM visant à renforcer son attractivité. Les listes accordent une place significative aux chefs d’entreprise et aux professions libérales, tandis que le programme met l’accent sur l’État social, l’emploi, le pouvoir d’achat et l’investissement. Malgré son ambition de devenir la première force politique, le PAM devra encore convaincre les électeurs.
Les détails
Ce samedi 25 juillet 2026, le PAM tenait son conseil national à Salé, une rencontre conçue comme une démonstration de force. L’atmosphère était joyeuse, confiante et assurée, laissant transparaître une ambiance victorieuse. Cependant, il ne suffit pas de séduire, il faut également persuader ses sympathisants d’aller voter. Le taux de participation sera le principal défi pour tous les partis.
À moins de deux mois du scrutin, l’intervention d’ouverture de la coordinatrice générale du parti, Fatima Ezzahra El Mansouri, a laissé entendre que sa formation disposait des conditions nécessaires pour améliorer son résultat de 2021.
Selon Fatima Ezzahra El Mansouri, cette conviction repose sur « le bilan probant » de sa participation au gouvernement et sur « les nombreux ralliements enregistrés ces derniers mois », qui permettront à son parti d’aborder le scrutin législatif avec un rapport de force plus favorable.
Une carte de candidatures couvrant l’ensemble du territoire national
Concernant les investitures, la direction du PAM a annoncé avoir choisi de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions électorales du Maroc, avec des listes conçues pour allier continuité et renouvellement.
D’après les informations communiquées à l’issue de la réunion, 90 têtes de liste locales ont été investies sur un total de 92 circonscriptions. Deux autres candidatures devraient probablement être annoncées dans les jours à venir. Parmi ces candidats, 52, soit plus de 57 % des investitures, étaient déjà en lice lors des élections de 2021, tandis que 38 nouveaux profils feront leur première campagne en tant que têtes de liste.
Fatima Ezzahra El Mansouri a également souligné la place accordée à la représentation féminine, annonçant que ces listes comprendront sept femmes têtes de liste, dont elle-même, auxquelles s’ajouteront les candidates investies dans les listes régionales. Avec 8 % de féminisation des candidatures, le parti surpasse ses adversaires, mais reste éloigné de la parité revendiquée.
Des ralliements de premier ordre
Le moment fort de la réunion a été l’annonce très attendue de l’investiture de plusieurs personnalités appelées à représenter le parti dans des circonscriptions stratégiques.
Non sans humour, Fatima Ezzahra El Mansouri a avoué être « jalouse » de l’ovation réservée à l’annonce du ralliement de Fouzi Lakjaa et de Yanja Khattat au PAM. La coordinatrice générale a assuré que ces adhésions ne seraient pas les dernières, annonçant l’arrivée prochaine d’autres personnalités au sein de la formation politique.
Le président du Conseil régional de Marrakech, Samir Goudar, a énuméré une longue liste de candidats investis, dont Fatima Zahra El Mansouri, qui se présentera dans la circonscription de Sidi Youssef Ben Ali à Marrakech, ainsi que plusieurs membres sortants du gouvernement tels que Mehdi Bensaid à Rabat-Océan, Abdelatif Ouahbi à Taroudant-Nord ou Adib Benbrahim à Rabat-Chellah.
Affirmant que son parti mise sur la stabilité tout en favorisant le renouvellement, Samir Goudar a annoncé que la commission d’investitures avait décidé de reconduire Mohamed Hamouti à Al Hoceïma, Abdelatif El Ghalbzouri à Tanger-Assilah et Mohamed Larbi Mrabet à M’diq-Fnideq.
Cette répartition confirme, selon lui, la volonté du PAM de s’appuyer sur ses bastions territoriaux tout en renforçant sa présence dans les grandes métropoles et les régions à fort enjeu électoral.
Des nouveaux candidats aux profils diversifiés
Il a également ajouté que parmi les nouveaux profils retenus, une majorité de candidats proviennent du monde économique et des professions libérales, comprenant 49 chefs d’entreprise, ainsi que des avocats, des notaires, des ingénieurs, des médecins, des enseignants-chercheurs, des cadres supérieurs et des agriculteurs.
Pour l’orateur chargé de présenter les listes des 90 candidats accrédités par la commission des investitures, cette diversité professionnelle renforcera la crédibilité du projet sociétal du PAM et ancrera son discours dans les préoccupations économiques et sociales.
Un programme centré sur l’État social
Concernant les grandes orientations de son programme électoral, la présidente du Conseil national a déclaré que le PAM poursuivra les réformes engagées dans les domaines de la protection sociale, de la santé et de l’éducation, tout en faisant du pouvoir d’achat l’une de ses priorités.
Elle a également souligné l’importance de la création d’emplois, du soutien à l’investissement privé, de l’accompagnement des entreprises, de l’entrepreneuriat des jeunes, de la régionalisation avancée, de la réduction des disparités territoriales, de la simplification administrative et de l’accélération de la transformation numérique.
Si le PAM se positionne déjà comme le favori du futur scrutin en mettant en avant son bilan et sa dynamique de ralliements de personnalités populaires auprès des citoyens marocains, il n’en demeure pas moins que cette confiance devra être confirmée dans les urnes, où seuls le choix des électeurs et le niveau de participation détermineront le véritable rapport de force politique.
