
À Al Hoceïma, les partis traditionnels résistent aux ambitions de changement
La circonscription d’Al Hoceïma s’apprête à entrer dans une phase électorale intense à l’approche des élections législatives prévues le 23 septembre. Avec quatre sièges à pourvoir à la Chambre des représentants, cette région du Rif se révèle être un terrain d’expérimentation des dynamiques politiques en cours, où les partis établis cherchent à maintenir leurs positions face à des concurrents désireux de redéfinir les équilibres électoraux.
Les précédents résultats électoraux illustrent ces changements. Lors des élections du 8 septembre 2021, le Parti de l’Istiqlal avait remporté la première place, grâce à son candidat Noureddine Moudiane, qui avait obtenu plus de 22.000 voix. Le candidat du Rassemblement national des indépendants (RNI), Boutehr El Boutahri, avait suivi avec plus de 19.000 suffrages. Les deux autres sièges avaient été attribués à Mohamed Hammouti du Parti Authenticité et Modernité (PAM) et à Mohamed Laârej du Mouvement populaire (MP), chacun dépassant les 14.000 voix.
L’Union socialiste des forces populaires (USFP) s’était alors classée cinquième, juste devant l’Union constitutionnelle (UC) et d’autres partis comme le Parti du progrès et du socialisme (PPS) ou le Parti de la justice et du développement (PJD). En revanche, lors des élections du 7 octobre 2016, le PAM avait dominé en remportant deux sièges, avec un score de plus de 40.000 voix pour son candidat Mohamed Hammouti. Les autres sièges étaient allés à Mohamed Laârej et Noureddine Moudiane, chacun ayant recueilli plus de 9.000 voix. À cette occasion, l’USFP s’était classée quatrième, devant le RNI, le PJD et le PPS.
L’analyse des résultats de 2016 et 2021 met en lumière l’impact du changement de mode de calcul du quotient électoral sur les rapports de force locaux. Le PAM, qui avait obtenu deux sièges en 2016, en a perdu un en raison de cette réforme, tandis que le RNI a su tirer parti de cette nouvelle configuration pour obtenir une représentation parlementaire. Le Parti de l’Istiqlal, quant à lui, a réussi à conserver son siège tout en augmentant le nombre de voix.
La campagne actuelle se distingue également par des approches divergentes en matière de sélection des candidats. Certains partis, comme le PAM, ont choisi de reconduire des figures bien établies, tels que Mohamed Hammouti. De même, le Mouvement populaire a renouvelé la candidature de Mohamed Laârej, tandis que l’USFP a maintenu Abdelhaq Amghar en tête de liste, misant sur des personnalités ayant une forte ancrage local et une capacité à mobiliser l’électorat.
D’autres partis, cependant, ont opté pour le renouvellement des candidatures. Le Parti de l’Istiqlal a désigné Mohamed Hammoudani en remplacement de Moudiane, tandis que le RNI a choisi Karim El Boutahri pour diriger sa liste. Le PJD a investi Hanan El Maaroufi, et l’Union constitutionnelle a désigné Latifa Aâbouth. Le PPS présente Mohamed Boudra, tandis que l’Alliance de la gauche a opté pour l’avocat Yassine El Fassi. Ces formations cherchent à surmonter les revers passés et à retrouver une place dans un paysage politique dominé par des réseaux bien ancrés.
Au-delà des candidatures, le scrutin du 23 septembre représente une confrontation entre deux visions de la compétition politique. D’une part, les notabilités locales, qui s’appuient sur des relais solides pour transformer leur ancrage territorial en voix. D’autre part, des candidats qui espèrent tirer profit des évolutions politiques pour remettre en question ces positions établies et ouvrir de nouveaux espaces de représentation.
Dans cette lutte pour les quatre sièges d’Al Hoceïma, le résultat dépendra de la capacité des nouvelles candidatures à séduire des électeurs en quête d’alternatives, tout autant que de celle des figures établies à prouver que leur influence locale reste cruciale dans le cadre du vote.
