
Inondations au Népal : près de 1.000 morts, rescapés en quête d’aide
Le Népal fait face à une tragédie sans précédent suite aux crues dévastatrices de la semaine dernière, avec un bilan qui s’élève à 987 décès confirmés et 4.247 personnes toujours portées disparues. Les opérations de secours, entravées par des conditions météorologiques difficiles, peinent à répondre aux besoins urgents des milliers de survivants qui luttent pour accéder à des ressources vitales telles que la nourriture, l’eau potable et des soins médicaux, selon des responsables de l’ONU et de la Croix-Rouge.
Lors d’une conférence de presse à Genève, Jens Laerke, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), a également rapporté que la Chine a enregistré 16 morts et 546 disparus en raison des inondations. Sur le terrain, la recherche de victimes se poursuit dans un environnement toujours périlleux. Matt Baden, responsable des opérations de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), a averti que « la recherche et le sauvetage sont toujours en cours et la mousson n’a pas cessé ».
Les craintes de nouvelles inondations sont exacerbées par des voies d’eau obstruées, et Baden a souligné que « la menace de glissements de terrain est réelle et immédiate ». Dans les districts de Rasuwa, Nuwakot et Dhading, des véhicules, des routes et même des maisons sont ensevelis sous des mètres de boue. L’accès aux zones touchées est devenu extrêmement complexe, un trajet qui prenait auparavant dix minutes peut désormais nécessiter jusqu’à neuf heures.
Malgré ces difficultés, certains habitants retournent sur les lieux pour retrouver leurs proches. Une famille rencontrée par les équipes de la Croix-Rouge était en train de fouiller la boue à la recherche d’une femme de 82 ans, restée seule lorsque les eaux sont arrivées. Face à l’ampleur des besoins, la Croix-Rouge népalaise, avec le soutien de l’IFRC, s’active pour distribuer de l’eau, de la nourriture, des abris et des kits d’hygiène tout en poursuivant les opérations de secours.
L’IFRC a débloqué un million de francs suisses en urgence et a lancé un appel de 25 millions pour soutenir les efforts d’aide et de relèvement. « Ce n’est que le début », a prévenu M. Baden, en soulignant que de nombreuses communautés demeurent isolées, que des habitations ont été détruites et que les moyens de subsistance ont été anéantis.
Les femmes et les filles représentent une part significative des populations les plus vulnérables touchées par ces inondations. Christine Arab, directrice régionale d’ONU Femmes pour l’Asie et le Pacifique, a indiqué que 43.000 femmes et filles nécessitent une aide humanitaire immédiate. Dans certaines communautés, des femmes enceintes, allaitantes ou en situation de handicap ont été emportées par les eaux, incapables de fuir vers des zones plus élevées.
Les survivantes se retrouvent sans nourriture, l’accès à l’eau potable se dégrade et les risques de violences, d’exploitation et de traite augmentent. ONU Femmes rappelle que les femmes effectuent environ 85 % du travail domestique non rémunéré au Népal, une charge qui s’alourdit encore davantage après la destruction des logements et des services essentiels. L’organisation appelle à une plus grande inclusion des femmes et des organisations dirigées par des femmes dans les décisions relatives à l’aide et à la reconstruction.
De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a signalé que huit établissements de santé ont été affectés, certains étant détruits ou endommagés, et deux d’entre eux sont actuellement inaccessibles. Christian Lindmeier, porte-parole de l’OMS, a souligné que « les personnes sur le terrain n’ont pas accès à un établissement de santé au moment où leurs besoins sont les plus importants ».
L’OMS craint également une aggravation des risques sanitaires liés aux inondations, aux déplacements de population, à la promiscuité et aux eaux stagnantes. Une surveillance est mise en place pour détecter une éventuelle hausse de maladies transmissibles telles que la dengue et le typhus des broussailles. Des équipements de protection, du matériel médical et des sacs mortuaires sont distribués aux structures locales, tandis que des tentes médicales sont installées dans les zones où les infrastructures ne fonctionnent plus.
Les autorités népalaises dirigent les opérations de recherche et de sauvetage, tandis que les agences humanitaires prévoient de renforcer les évaluations des dégâts et des besoins au fur et à mesure que l’accès aux zones sinistrées s’améliore.
