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Syrie : L’ancien grand mufti proche d’Assad écope de la réclusion à perpétuité

L’ancien grand mufti syrien, Ahmed Badreddin Hassoun, a été condamné à la réclusion à perpétuité par la justice de Damas, marquant ainsi un tournant dans les procédures judiciaires liées au régime de l’ex-président Bachar Al-Assad. Cette décision, rendue lundi, est significative car elle représente la première condamnation d’un responsable religieux dans le cadre des poursuites contre les figures emblématiques du régime déchu.

Hassoun, qui a occupé la fonction de grand mufti pendant plus de seize ans, était réputé pour sa proximité avec Bachar Al-Assad, apparaissant fréquemment à ses côtés lors d’événements religieux. Son arrestation a eu lieu en mars 2025, alors qu’il tentait de quitter le pays par l’aéroport.

Le tribunal a également infligé à l’ancien mufti d’autres peines de prison, variant de trois à vingt ans, pour des accusations telles que « incitation intentionnelle au meurtre » et « participation directe » à des assassinats. Il a également été reconnu coupable d’avoir exacerbé les tensions confessionnelles et raciales. En plus de ces peines, ses biens ont été confisqués.

Le 11 août, d’autres figures du régime, dont l’ex-président, son frère Maher, et cinq anciens responsables de la sécurité, ont été condamnés par contumace à la peine capitale pour des crimes commis durant la guerre civile qui a ravagé le pays de 2011 à 2024. Parmi les condamnés figurent également l’ancien responsable de la sécurité Atif Najib et Wassim el-Assad, cousin du président déchu.

En 2021, Bachar Al-Assad avait pris un décret abrogeant le poste de grand mufti et renforçant les prérogatives d’un ministère gouvernemental en charge des affaires religieuses, ce qui avait conduit à la retraite d’Hassoun, nommé à son poste en 2004.

L’ONU et diverses organisations de défense des droits humains se sont fermement opposées à la peine de mort, appelant les nouvelles autorités syriennes à instaurer un processus de justice transitionnelle axé sur les victimes. Balkees Jarrah, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, a souligné que pour avancer dans la justice face à l’ampleur des crimes en Syrie, il ne suffit pas de prononcer des condamnations, mais qu’il est essentiel de créer un système judiciaire compétent, impartial et indépendant. Elle a également réaffirmé le rejet de la peine de mort en toutes circonstances, en raison de sa nature cruelle et irréversible.