
Tunisie : près de 30 milliards de dinars en billets circulent
Le montant des billets de banque en circulation en Tunisie s’approche des 30 milliards de dinars, atteignant des sommets inédits. Cette information a été révélée par Mohamed Souilem, ancien directeur général des politiques monétaires à la Banque centrale de Tunisie (BCT), lors de son intervention sur Jawhara FM le 24 août 2026.
Souilem a attribué cette augmentation à plusieurs éléments, parmi lesquels l’inflation, la diminution du pouvoir d’achat, ainsi qu’une baisse de l’utilisation des chèques. Il a également souligné que la transition vers les paiements numériques progresse lentement, ce qui freine l’adoption de moyens de paiement électroniques.
Il a précisé que la hausse des prix pousse les ménages à retirer plus d’argent liquide pour faire face à leurs dépenses quotidiennes. Ainsi, les montants nécessaires pour couvrir ces besoins ont considérablement augmenté, entraînant une hausse mécanique du nombre de billets en circulation. De plus, la diminution de l’usage des chèques a conduit à un retour vers les espèces pour le règlement des transactions.
Concernant les implications de cette situation, Souilem a noté que le volume actuel des billets en circulation représente environ 16 % du PIB tunisien, un chiffre jugé élevé par rapport aux normes des pays développés, où la circulation fiduciaire oscille généralement entre 3 % et 4 % du PIB. Cette dépendance accrue à l’argent liquide pourrait poser des défis au système financier. Si cette tendance se maintient, il est possible que le montant des billets en circulation atteigne 35 milliards de dinars, ce qui risquerait de réduire la liquidité disponible dans le système bancaire et, par conséquent, d’affaiblir la capacité des banques à financer l’économie.
En ce qui concerne les réserves de change de la Tunisie, qui ont récemment fluctué entre 93 et 98 jours d’importations, Souilem a rappelé que le pays avait déjà fait face à des situations plus critiques. Il a cité l’année 1986, où les réserves ne couvraient même pas cinq jours d’importations, avant de s’améliorer significativement par la suite. À l’opposé, en 2009, la Tunisie avait enregistré un niveau record de réserves, équivalant à 192 jours d’importations.
Ces variations témoignent des fortes oscillations de la position extérieure de la Tunisie et des défis persistants que l’économie nationale doit surmonter en matière de liquidité, de financement et de réserves en devises.
