
France-Espagne : Le Premier ministre dénonce les propos « xénophobes » de son prédécesseur.
À deux jours du match contre la Roja, l’équipe de France est la cible d’attaques xénophobes en Espagne. L’ambassade de France à Madrid a publié un rappel statistique indiquant que sur les 26 joueurs du groupe tricolore pour ce Mondial, 23 sont nés sur le territoire français et les trois restants possèdent tous légalement la nationalité française.
À seulement deux jours du match contre l’équipe nationale espagnole, les joueurs français sont la cible d’attaques xénophobes particulièrement violentes en provenance d’Espagne. Dimanche, l’ancien président du gouvernement conservateur Mariano Rajoy a provoqué un tollé international en déclarant dans une tribune que l’équipe de France avait un effectif de haut niveau, mais « sans Français ».
Cette provocation raciste a été immédiatement condamnée par son successeur socialiste. « Il y en a qui mesurent encore l’appartenance par le nom de famille, le lieu de naissance ou la couleur de peau », a dénoncé Pedro Sanchez. S’opposant à cette vision, le dirigeant espagnol a affirmé que la citoyenneté se fondait plutôt sur « l’attachement à un pays et la volonté d’y contribuer », et a adressé un message de fraternité sportive à deux jours de la rencontre : « France, on se retrouve en demi-finale. Que le meilleur gagne et que le racisme perde. »
En France, la classe politique s’est immédiatement rassemblée pour soutenir les joueurs de Didier Deschamps face à cette attaque. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a rappelé que la France était une nation politique, non ethnique, tandis que le communiste Fabien Roussel a qualifié ces propos de « racisme crasseux ».
L’indignation a également touché le gouvernement français. Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, a dénoncé une haine méthodique et banalisée, appelant la Fédération française de football à porter plainte contre ces relents nauséabonds qui refont surface à chaque victoire.
Le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, a réagi fermement depuis les États-Unis, où se trouvent les Bleus. Sur son compte X, il a rappelé que les joueurs n’avaient pas besoin de certificat de nationalité et que l’équipe de France restait, souverainement, l’équipe de la France.
Pour mettre fin à la polémique factuellement, l’ambassade de France à Madrid a diffusé un rappel statistique sans appel : parmi les 26 joueurs du groupe tricolore pour ce Mondial, 23 sont nés en France et les trois nés à l’étranger possèdent tous la nationalité française.
La déclaration de l’ancien leader conservateur, dont le gouvernement a chuté en 2018 pour une affaire de financement illégal, a également provoqué des tensions au sein de la vie politique espagnole. En plus du recadrage du Premier ministre, des critiques très dures ont jailli au sein de l’exécutif ibérique.
Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a ainsi qualifié Mariano Rajoy d’« idiot post-franquiste ». Ce climat déplorable laisse présager un match mardi soir sous haute tension, où le sport tentera de reprendre ses droits sur le terrain.
