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Panneaux solaires sur les rails : la SNCF face à la réalité

Après les toits, les parkings et les terrains, le solaire pourrait s’étendre aux rails. La SNCF expérimente une technologie prometteuse qui pourrait permettre de produire de l’électricité directement sur les voies ferrées. Toutefois, la mise en œuvre à grande échelle de cette solution demeure incertaine.

Un peu plus de 143 centimètres séparent les deux rails d’une voie ferrée. Cet espace est jugé suffisant par certaines entreprises pour y intégrer des panneaux photovoltaïques, transformant ainsi les infrastructures ferroviaires en sources de production d’électricité.

En France, la SNCF explore également cette possibilité. Avec plus de 40 000 kilomètres de voies ferrées en exploitation, le groupe ferroviaire examine comment ses infrastructures pourraient contribuer à diversifier son mix énergétique. Plusieurs projets pilotes sont en cours, certains ayant été initiés dès l’année dernière.

L’entreprise énergétique Bankset est l’un des principaux partenaires de la SNCF dans le développement de cette technologie. La société a conçu des panneaux solaires pouvant être installés en moins de deux minutes sur les rails.

L’année dernière, selon Révolution Énergétique, un premier projet pilote nommé « La Grosse Bankset Beta 1 » a été déployé sur un site technique parisien du groupe ferroviaire. Cette centrale solaire expérimentale fait l’objet d’un suivi. Depuis le début de l’année 2026, une deuxième version du dispositif est également en cours d’installation pour poursuivre les essais.

Par ailleurs, la SNCF collabore avec l’entreprise suisse Sun-Ways, qui développe également des solutions de centrales solaires ferroviaires. En avril 2025, un projet pilote d’une centaine de mètres a été lancé à Buttes, dans le canton de Neuchâtel, en Suisse.

Ces tests visent à recueillir des données essentielles sur la faisabilité technique du dispositif, sa production électrique réelle ainsi que la résistance des panneaux aux contraintes spécifiques du milieu ferroviaire.

Le groupe français envisage également l’installation de panneaux photovoltaïques sur des voies non circulées. De janvier à juin 2025, un prototype de centrale solaire, le système Solveig développé par l’agence AREP, a été testé dans les Yvelines, au technicentre d’Achères de la SNCF. À l’issue de cette expérimentation, un déploiement plus large, notamment sur certaines lignes inutilisées à travers la France, a été envisagé.

Bien que les rails photovoltaïques représentent une piste intéressante pour la production d’électricité, la technologie est encore au stade expérimental. Avant d’envisager un déploiement à grande échelle, plusieurs paramètres doivent être validés, tels que la résistance des panneaux aux vibrations, leur durée de vie, leur rendement réel, ainsi que les coûts d’installation et de maintenance.

Même en cas de généralisation, cette technologie ne devrait apporter qu’une contribution limitée face aux besoins énergétiques de la SNCF. Premier consommateur d’électricité en France, le groupe utilise près de 9 TWh d’électricité chaque année.

À titre de comparaison, la production annoncée par Bankset pour un kilomètre équipé correspondrait à la consommation d’environ une centaine de foyers. Il faudrait donc théoriquement plusieurs centaines de kilomètres d’installations pour alimenter l’équivalent de 40 000 foyers, ce qui reste très en deçà des besoins du groupe ferroviaire.

En matière de solaire, le groupe privilégie des solutions photovoltaïques plus classiques. Avec sa filiale SNCF Renouvelables, créée en 2023, l’entreprise prévoit d’installer des panneaux solaires sur ses propriétés : toitures de gares, parkings, bâtiments techniques et foncier. Ces surfaces offrent un potentiel plus important et plus facilement exploitable.