
Les astronautes de l’ISS n’ont probablement pas une bonne connexion Internet.
L’astronaute française Sophie Adenot a souhaité bonne chance à l’équipe de France de football pour la fin de la phase de groupes de la Coupe du Monde. Les astronautes de l’ISS disposent d’une connexion Internet qui leur permet de communiquer avec leurs familles, bien que des coupures de connexion puissent survenir lors de changements de satellite.
« Allez la France ! Allez les Bleus ! » À bord de la Station spatiale internationale (ISS), l’astronaute française Sophie Adenot a exprimé, fin juin, son enthousiasme pour le football et a souhaité bonne chance à l’équipe de France durant la phase de groupes de la Coupe du Monde. Elle a souligné que cet événement « nous [rassemble], nous [fait] vibrer au même rythme, et nous [rappelle] la force du collectif », « jusque dans l’espaaaaace ». Grâce à la connexion Internet de l’ISS, les astronautes restent effectivement en contact avec la Terre. Mais Sophie Adenot pourrait-elle visionner le quart de finale des Bleus contre le Maroc ce jeudi à 22 heures, si elle le souhaitait ?
« Techniquement, oui », a indiqué à 20 Minutes Alexander Karl, ingénieur chez Eurocom – l’interface entre les astronautes et les équipes au sol – à l’Agence spatiale européenne (ESA). « Parfois, des matchs spéciaux sont transmis à l’ISS pour que [les astronautes] puissent les regarder le week-end, par exemple. » En 2021, Thomas Pesquet, grand fan du Stade Toulousain, avait visionné depuis l’espace la finale du Top 14 où les Rouge et Noir s’étaient imposés. En revanche, pour les films, aucune connexion Internet n’est nécessaire, car le laboratoire orbital dispose d’une cinémathèque accessible à ses occupants pour se divertir.
L’ISS bénéficie d’une connexion Internet presque permanente grâce à sept satellites de suivi et de relais de données (TDRS) qui évoluent en orbite géostationnaire, bien au-delà de la station. Ce système agit comme un intermédiaire entre la Terre et plus de vingt-cinq missions spatiales, y compris le télescope Hubble.
« En général, la connexion durant les heures d’éveil est assez bonne », a précisé Alexander Karl. Toutefois, des interruptions peuvent survenir, notamment « lors d’un changement de satellite quand l’ISS est hors du champ de vision » de celui en cours d’utilisation. Cela se produit également lorsque « le satellite est employé pour d’autres besoins ». Dans ces cas, les coupures de connexion peuvent durer, en moyenne, entre cinq et quinze minutes, selon l’ingénieur de l’ESA.
En dehors de ces interruptions, les satellites fournissent une vitesse de réception des données de 50 Mbps et une vitesse d’émission de 3 Mbps. Cette connexion est utilisée « principalement pour transmettre des données scientifiques ». Toutefois, les astronautes peuvent également s’y connecter « pendant leur temps libre, pour communiquer avec leur famille et leurs amis, écouter de la musique en streaming, s’informer, écrire des mails, etc. », énumère le représentant de l’ESA.
Leur connexion, assurée par le réseau Wi-Fi de l’ISS, est similaire à celle que l’on aurait « à la maison », mais elle n’est pas illimitée. Alexander Karl a évoqué des « restrictions » en raison de la bande passante limitée, prioritairement affectée à certaines données, ainsi que pour des raisons de cybersécurité. « Le plus important est que [cette connexion] leur donne accès à leur famille et leurs amis », a souligné l’ingénieur.
Pour améliorer cette connexion, Sophie Adenot a remplacé, début juin, l’infrastructure chargée des communications avec les équipes au sol via le réseau local ou Wi-Fi. « Concrètement, c’est comme remplacer sa box Internet par un système de nouvelle génération : plus rapide, plus puissant, plus fiable ! », a expliqué l’astronaute. De quoi, espérons-le, pouvoir visionner les Bleus lors de la finale de la Coupe du Monde depuis l’ISS le 19 juillet ?
