
« Voilà c’est fini » de Gustave Kervern décroche le Valois de diamant à Angoulême.
La 19e édition du Festival du Film Francophone à Angoulême s’est achevée ce samedi, marquant la fin d’une manifestation riche en émotions et en découvertes cinématographiques. En guise de clôture, le film *Dix pour cent*, réalisé par Gustave Kervern, a été projeté, un choix qui a également permis au film de remporter le Valois de diamant, distinction remise par le jury présidé par Franck Dubosc.
Cette édition a non seulement mis en lumière l’état du cinéma français, mais a aussi rendu hommage à Nathalie Baye, actrice emblématique disparue en avril dernier. Les salles étaient pleines, et le public a été régulièrement informé que le financement du cinéma français ne provient pas des impôts, mais d’un système basé sur les recettes des entrées. Le festival a ainsi joué un rôle pédagogique, cherchant à éclairer le public sur les enjeux de la profession.
Les préoccupations sociétales ont été au cœur des œuvres présentées, notamment dans le film de Kervern, qui a évoqué la mémoire de Noël Godin, humoriste récemment disparu. *Voilà, c’est fini* aborde avec sensibilité la rencontre fugace entre une touriste et un employé d’hôtel sur l’île de La Réunion. Ce film, mettant en vedette Suzanne Lindon, Loïc Mandere, Léa Drucker et Mathieu Amalric, est prévu pour une sortie le 24 mars prochain.
Parmi les films primés, *Si tu penses bien* de Géraldine Nakache a particulièrement retenu l’attention, avec une performance poignante de Monia Chokri dans le rôle d’une mère victime de violences conjugales. D’autres œuvres telles que *La Frappe* de Julien-Gasper-Oliveri, *Ce qui nous mène à toi* de Khalil Cherti, *Congo Boy* de Rafiki Fariala et *Les Filles d’Abraham* de Hanaël El Yousfi ont également été saluées.
En dehors des compétitions, les festivaliers ont eu l’opportunité d’assister à l’avant-première de *Changer l’eau des fleurs*, une adaptation d’un roman à succès de Valérie Perrin, portée par la performance remarquable de Leïla Bekhti. D’autres films comme *En haut de la pile* de Louis-Julien Petit et *Quelques mots d’amour* de Rudi Rosenberg ont également exploré des thématiques familiales avec talent. Cependant, l’absence de *Sanguine* de Marion Le Coroller, un film d’horreur poignant sur la souffrance d’une jeune interne, a été remarquée.
Le festival a également été l’occasion de discussions sur des sujets d’actualité, notamment la nécessité de légiférer sur l’intelligence artificielle, un sujet préoccupant pour les professionnels du doublage, comme l’ont souligné Jean-Philippe Puymartin et Damien Witecka. Dominique Besnehard a rappelé que Nathalie Baye considérait Angoulême comme un baromètre du cinéma français, affirmant que le succès d’un film dans cette ville préfigurait souvent son succès à l’échelle nationale. Les œuvres mises en avant cette année méritent toutes d’être suivies avec attention.
