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« Pour une nuit ou pour la vie » : le « quarter to four », dating islandais expliqué.

Il est 3h45 du matin à Reykjavik, et la soirée touche à sa fin pour de nombreux noctambules. Laugavegur, la rue principale de la capitale islandaise, est animée, offrant aux célibataires une ultime opportunité de transformer leur soirée en une rencontre, même éphémère. Ce moment particulier, décrit par Eliza Reid, ancienne Première dame d’Islande, dans son ouvrage *Le Secret des Islandaises*, est connu sous le nom de « quarter to four » (« le quart d’heure avant 4 heures »).

Dans ce livre, qui explore la question de l’égalité des sexes en Islande, Reid évoque ce phénomène où, à l’approche de la fermeture des bars, les gens se rassemblent pour rencontrer des inconnus et éviter de passer la nuit seuls. Elle souligne que l’objectif n’est pas nécessairement de trouver l’amour, mais plutôt de partager un moment agréable avec quelqu’un. « Si vous croisez une personne, elle sait qu’il n’y a pas d’engagement », précise-t-elle.

Bien que les Français ne soient pas en reste en matière de rencontres rapides – 49 % d’entre eux ayant déjà couché avec une personne rencontrée récemment selon un sondage Ifop – cette pratique islandaise semble plus codifiée. En effet, je m’apprête à me rendre en Islande pour un reportage sur les macareux, une occasion de vérifier si cette règle du « quart d’heure » est réellement appliquée.

À mon arrivée, je commence à interroger les passants dans les rues adjacentes à Laugavegur. Cependant, les Islandais se montrent plutôt réticents. Après une demi-heure d’efforts, je rencontre un homme dans la trentaine qui me dit n’avoir jamais entendu parler de ce « quarter to four ». Il me conseille même de ne pas m’attendre à croiser qui que ce soit à Downtown à cette heure-là.

Malgré le temps frais, je poursuis mes investigations. Je m’arrête dans un restaurant pour envoyer un e-mail à Eliza Reid. En discutant avec le gérant, ce dernier, bien qu’il ne soit pas originaire de l’île, confirme que l’idée de ne pas terminer la soirée seul est bien ancrée dans la culture locale, même s’il n’a jamais entendu parler de cette expression.

Pour approfondir ma recherche, je décide de m’installer dans un bar, le Kaffibarinn, près de Laugavegur. Là, je rencontre un couple qui a lu le livre de Reid. Ils confirment que le phénomène existe bel et bien, mais m’encouragent à revenir le week-end pour en faire l’expérience. Ils expliquent que si l’on ne rencontre personne lors d’une soirée, il est courant de se retrouver dans la rue pour discuter et éventuellement passer la nuit ensemble, que ce soit pour une nuit ou pour entamer une amitié.

Eliza Reid, dans sa réponse, explique que l’idée du « quarter to four » provient d’une discussion avec une militante locale. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une expression courante, elle illustre bien la nature ouverte des interactions nocturnes en Islande. D’autres jeunes hommes que j’ai interrogés confirment qu’il n’y a pas de règles officielles, mais que cette pratique est fréquente.

Pourtant, une certaine réticence persiste parmi les Islandais à admettre cette réalité. Les personnes que j’ai interrogées ont toutes souhaité rester anonymes. Kristján Franklín Sigurgeirsson, un guide touristique, m’explique que bien que les Islandais soient ouverts sur le plan sexuel, ils n’ont pas toujours envie de l’afficher publiquement.

Loin de porter un jugement sur cette forme de rencontre, mon but est de la documenter. En raison de la petite taille de la population islandaise, il est difficile de faire des rencontres. Les habitants affirment que ces interactions permettent de briser la solitude, un aspect que la France, avec ses 69 millions d’habitants, ne connaît pas de la même manière.