Tunisie

L’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie signent un accord de défense.

L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont récemment officialisé un nouvel accord de défense, connu sous le nom d’Accord de La Mecque, lors d’un sommet consacré à la sécurité régionale. Cet engagement, qui vise à renforcer la coopération militaire entre ces trois nations, a pour objectif de promouvoir la paix et la stabilité tant au niveau régional que mondial.

Signé au Palais Al-Safa, cet accord est perçu comme une réponse collective face aux menaces d’agression. Selon l’agence de presse saoudienne (SPA), toute attaque armée dirigée contre l’un des signataires sera considérée comme une agression envers l’ensemble des pays concernés. En plus de cela, le texte prévoit une intensification de la collaboration dans divers domaines liés à la défense.

Ce sommet a vu la participation de figures de proue, dont le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif. Les discussions ont permis de passer en revue les relations stratégiques entre ces nations et d’aborder plusieurs enjeux d’intérêt commun.

L’Arabie saoudite, qui a récemment été la cible d’attaques en provenance d’Iran et fait face à un regain de tensions avec les rebelles houthis au Yémen, cherche à solidifier ses alliances sécuritaires. Ce nouvel accord envoie un signal fort à Téhéran, tout en remettant en question la fiabilité des États-Unis en tant que partenaire stratégique, selon des analystes.

Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a souligné que cet accord vise à renforcer la dissuasion collective contre toute forme d’agression. De son côté, la Turquie a exprimé que ce pacte constitue une contribution significative à la préservation de la paix dans la région. Une source proche de l’armée saoudienne a indiqué que les discussions autour de cet accord avaient été accélérées par les récents développements géopolitiques, bien que la participation turque ait été mise en doute en début d’année.

Les trois pays partagent un intérêt commun dans la résolution du conflit entre l’Iran et les États-Unis, qui a des répercussions sur la stabilité régionale et l’économie mondiale. L’Arabie saoudite et le Pakistan avaient déjà établi, en septembre 2025, un accord de défense mutuelle, témoignant d’une longue tradition de coopération militaire.

Hier, les autorités saoudiennes ont démenti toute intention de développer des ambitions nucléaires, affirmant, tout comme Ankara, que cet accord n’est pas dirigé contre un pays spécifique de la région. Un expert en sécurité a commenté que cet accord illustre un mouvement vers une nouvelle configuration sécuritaire au Moyen-Orient, s’éloignant d’une domination américaine.

Pour l’Arabie saoudite, cet accord représente une opportunité de renforcer son rôle en tant que garant de la sécurité régionale et de diversifier ses partenariats militaires. Pour la Turquie et le Pakistan, il s’agit également d’une chance d’accroître leur influence et d’attirer des investissements saoudiens.

Ce rapprochement est clairement perçu comme une réponse aux ambitions iraniennes, qui cherchent à étendre leur influence dans la région du Golfe et à contrôler des voies maritimes stratégiques. L’ouverture des routes maritimes est cruciale pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

La mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb sont devenus des alternatives importantes, alors que l’Iran a récemment renforcé son contrôle sur le détroit d’Ormuz. Cependant, les Houthis, soutenus par Téhéran, ont imposé un blocus sur les navires saoudiens, menaçant également la navigation à Bab el-Mandeb.

L’accord entre Ryad, Islamabad et Ankara intervient à un moment où des négociations semblent progresser concernant Ormuz, avec un nouvel itinéraire de transit des navires convenu entre Téhéran et le sultanat d’Oman. Toutefois, la réouverture de cette voie dépendra de la position des États-Unis, qui ont imposé un blocus sur les ports iraniens.

En parallèle, l’Arabie saoudite a récemment été ciblée par des attaques des Houthis, qui ont visé des infrastructures pétrolières. La coalition dirigée par Ryad, engagée aux côtés du gouvernement yéménite depuis 2015, a également rapporté des bombardements dans la région de Najran, faisant 11 blessés civils, une escalade inédite depuis la trêve de 2022 entre les deux parties.