
Moyen-Orient : Mandat d’arrêt et Syrie, relations Israël-Turquie au plus bas
Les relations entre la Turquie et Israël connaissent une nouvelle escalade après qu’Ankara a émis un mandat d’arrêt international visant Benyamin Netanyahou. Ce mandat s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur l’interception de la « Flottille pour Gaza » et la détention de ses membres. En mai dernier, près de 430 personnes à bord d’une cinquantaine de navires arraisonnés en Méditerranée avaient été conduites en Israël, où elles ont été détenues avant d’être expulsées.
En plus de Netanyahou, le mandat cible également Afek Moskovitch, un officier israélien actif à Gaza. Selon l’accusation rapportée par l’agence turque IHA, Moskovitch aurait partagé sur Instagram des images de chars et d’un bulldozer détruisant des infrastructures de l’Université islamique de Gaza. Les autorités turques évoquent des poursuites pour « crimes contre l’humanité, génocide, privation aggravée de liberté, coups et blessures volontaires, torture, destruction de biens, pillage aggravé et détournement de véhicules de transport ».
Ce n’est pas la première fois que la justice turque agit contre des responsables israéliens. En novembre 2025, des mandats d’arrêt avaient déjà été émis pour « génocide » à l’encontre de Netanyahou et d’autres figures israéliennes. Cette récente initiative judiciaire survient alors que les relations entre Ankara et Tel-Aviv sont particulièrement tendues depuis le début du conflit à Gaza, déclenché par l’attaque du 7 octobre 2023. La Turquie, qui a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître Israël, critique régulièrement les offensives israéliennes dans les territoires palestiniens.
Face à cette situation, le bureau de Benyamin Netanyahou a réagi en qualifiant Recep Tayyip Erdogan de « dictateur antisémite » et l’a accusé d’avoir massacré les Kurdes tout en soutenant le Hamas. Il a également affirmé qu’« Israël continuera à agir avec fermeté contre les tentatives de déstabilisation de la Turquie ». En retour, Ankara a dénoncé les « tactiques politiques mesquines » de Netanyahou, interprétées comme une manœuvre pour obtenir un avantage électoral à l’approche des élections législatives israéliennes prévues en octobre.
Cette tension se déroule également dans un contexte plus large, marqué par des frappes israéliennes récentes contre la base militaire d’Abou Dhouhour, dans le nord-ouest de la Syrie, près de la frontière turque. Les États-Unis et la Syrie ont accusé Israël d’être à l’origine de ces bombardements, ce qu’Israël a implicitement confirmé. Le pays a averti qu’il ne tolérerait pas le déploiement de troupes turques en Syrie, le considérant comme une menace. Ankara a, pour sa part, nié toute présence militaire lors de l’attaque.
Malgré ces tensions, la Turquie a réaffirmé son engagement à défendre l’intégrité et la souveraineté de la Syrie, tout en précisant qu’elle ne prévoyait pas de riposte pour éviter de tomber dans le « piège » tendu par Netanyahou. De son côté, le bureau du Premier ministre israélien a accusé Erdogan de vouloir étendre son agression contre Israël jusqu’en Syrie, déclarant que « Israël ne le tolérera pas ».
