
Macron en Gironde : investissements, appel à l’union et « gagner la bataille »
En visite en Gironde lundi, Emmanuel Macron a multiplié les interventions concernant la crise des incendies qui affecte la France, alors que le mégafeu est stabilisé mais pas encore maîtrisé. Après avoir dirigé une cellule interministérielle de crise et un Conseil des ministres largement axé sur la situation, le président de la République s’est rendu à Bordeaux, au centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (CODIS), en compagnie des secours et des élus locaux.
Sur place, Emmanuel Macron a appelé à « rester unis » pour faire face aux incendies. « Les semaines à venir seront dures et on doit tenir », a-t-il déclaré, ajoutant : « On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout ». Il a également annoncé que le feu était désormais « fixé dans les Landes ».
Face aux critiques concernant la gestion de la crise, le chef de l’Etat a affirmé qu’« on ne fait pas le retour d’expérience en plein milieu de la bataille ». Il a également défendu son bilan en matière de sécurité civile. « Je me félicite de ne pas avoir attendu ces feux et d’avoir, dès 2017/2018, pris les premières décisions », a-t-il précisé.
Le président a indiqué que l’Etat avait anticipé les besoins en matière de lutte contre les incendies. « On a été en avance, on a investi. Et vous savez, durant ces dix dernières années, on a quasiment doublé le budget de la sécurité civile », a-t-il assuré, évoquant un budget passé de 450 à 800 millions d’euros. Il a également souligné les « 67 aéronefs » mobilisés, l’utilisation de l’Airbus A400M pour larguer du retardant et le recours au mécanisme européen de protection civile. Emmanuel Macron a enfin appelé à « replanter et rebâtir une forêt différente » en s’adaptant aux « conditions structurelles de changement climatique ».
Les critiques de l’opposition ont continué. Marine Tondelier a dénoncé « une responsabilité lourde de l’Etat dans l’impréparation et dans ce qui se passe aujourd’hui », tout en demandant une réunion des responsables politiques et une loi en faveur des pompiers dès la rentrée. De leur côté, LFI et le RN reprochent à l’exécutif d’avoir réduit de 53 millions d’euros le budget de la sécurité civile en 2024, rappelant les engagements pris concernant le renouvellement de la flotte de Canadair. Le gouvernement a répondu que deux appareils ont été commandés en 2024, puis deux autres en 2026, avec des premières livraisons attendues au plus tôt en 2028.
Le gouvernement a rejeté les accusations de baisse des moyens. Laurent Nuñez a rappelé que la France dispose d’une flotte aérienne « très diverse », « l’une des plus importantes d’Europe », tout en soulignant que « 95 % des feux se combattent de manière terrestre ». Maud Bregeon a estimé que « dire aujourd’hui que les moyens ont baissé depuis 2017 […] c’est un mensonge ».
