France

Incendie à la gare de Bordeaux : trajets chamboulés et inquiétude persistante

A l’approche de la Gare Saint-Jean de Bordeaux, l’intercités reliant Nantes à Bordeaux ressemble à un train fantôme. Ce lundi soir, les cris des enfants et les conversations animées ont laissé place à un silence pesant. « C’est étrange, personne ne semble vouloir aller à Bordeaux », ironise un contrôleur qui s’éloigne entre les rangées de sièges vides. En effet, depuis le milieu de la semaine dernière, la Gironde est frappée par un incendie d’une ampleur historique : 42.000 hectares ont été ravagés et des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées.

Il n’est donc pas surprenant de constater que les passagers descendent au compte-goutte à chaque arrêt, tandis que de moins en moins de personnes montent à bord. La SNCF a, dès le week-end dernier, conseillé aux voyageurs de reporter leurs déplacements, mais certains se retrouvent dans l’obligation de voyager. Cécile, par exemple, doit « se rendre à un rendez-vous professionnel à Bordeaux » mardi matin. « J’espère que je pourrai rentrer à La Rochelle sans encombre ! », s’inquiète-t-elle.

À Saintes (Charente-Maritime), à plus de 100 kilomètres du terminus, une odeur de fumée envahit les wagons. « Ça sent le cramé d’ici ? » s’interroge une jeune femme. L’odeur disparaît, puis revient avec force après une heure de trajet. À l’arrivée en gare de Bordeaux-Saint-Jean, quelques passagers descendent avec un foulard sur le nez. Le sujet préoccupe tout le monde. « C’est juste une impression où on sent l’odeur des incendies ? », questionne l’un d’eux. « J’ai l’impression que ça me gratte la gorge, mais c’est peut-être dans ma tête », ajoute une adolescente.

Sur les quais, les voyageurs semblent un peu plus nombreux que dans notre intercités. « Je n’ai pas l’impression qu’il y ait moins de monde que d’habitude. Par contre, dans mon train de ce matin direction Bordeaux, il n’y avait pas un chat », constate Cédric. Ce cadre parisien devait rejoindre Mont-de-Marsan (Landes) depuis Paris Montparnasse, mais a rencontré quelques complications : retards et modifications de trajet.

Passé 20 heures, il se retrouve à nouveau à attendre. Le quadragénaire devra faire preuve de patience, les trains pour la capitale accusant un retard de 1h20. D’autres sont supprimés, tout comme les trajets vers plusieurs villes du Sud-Ouest (Arcachon, Morcenx, Hendaye) jusqu’à mercredi au moins.

Cédric tire un certain positif de la situation : un passage surprise à Bordeaux où « l’actualité » ne se fait pas tant ressentir, estime-t-il. À proximité, une touriste allemande semble légèrement plus préoccupée. « J’ai passé une partie de mes vacances à Bergerac (Dordogne). Là-bas, on ne ressentait pas du tout le climat anxiogène, c’est un peu plus le cas ici. » La jeune femme devait passer quelques jours dans la région bordelaise pour conclure son voyage, mais a finalement modifié ses projets. « Avec les incendies, je préfère ne pas m’attarder. »

En raison de l’intensité des feux, la SNCF recommande de « reporter les déplacements en train prévus jusqu’au vendredi 31 juillet inclus à destination des zones concernées. »