France

La ministre de la Transition écologique ironise après sa démission refusée.

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a récemment affirmé son intention de rester en poste, malgré une période de turbulence qui a failli la voir quitter le gouvernement. Dans une interview accordée à Libération, elle a exprimé sa détermination à poursuivre son travail, en dépit des critiques dont elle a fait l’objet cet été. « Je peux me sentir plus fragile mais pas fragilisée. Les articles publiés dans la presse cet été ne viennent pas que des oppositions… Je ne suis pas dupe. Certains aimeraient que je ne sois plus là. Il faudra encore me supporter », a-t-elle déclaré.

La ministre avait initialement annoncé sa démission en juillet, en désaccord avec l’adoption de la loi d’urgence agricole. Cependant, elle a finalement décidé de rester au gouvernement, ayant obtenu des « garanties » sur des sujets qui lui tiennent à cœur, notamment l’adaptation au changement climatique. Elle a précisé avoir trois priorités majeures : l’adaptation, la forêt et la santé environnementale, sur lesquelles elle prévoit de faire des propositions. Elle a également assuré que tant que ces questions avancent, son avenir au sein du gouvernement ne serait pas remis en question.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confié à Barbut la mission de lui soumettre, d’ici octobre, de nouvelles mesures destinées à « accélérer » la mise en œuvre du Plan national d’adaptation au changement climatique. Elle a évoqué la nécessité de trouver des financements, notamment en explorant la possibilité d’un soutien via la Caisse des dépôts, alimentée par l’épargne des Français.

Par ailleurs, Monique Barbut a abordé la problématique du cadmium, un métal lourd toxique présent dans l’environnement et l’alimentation. Le gouvernement prépare un décret visant à réduire sa présence dans les engrais phosphatés. Elle a proposé d’établir une norme maximale de 20 milligrammes par kilogramme (mg/kg) d’ici 2030, une réduction plus ambitieuse que celle envisagée par le ministère de l’Agriculture, qui prévoyait 40 mg/kg pour 2030 et 20 mg/kg d’ici 2038.

Enfin, la ministre a commenté les récentes décisions du Conseil constitutionnel, qui a validé presque entièrement la loi d’urgence agricole, tout en notant des clarifications jugées « utiles ». Elle a souligné l’importance de garantir que l’Anses ne subisse aucune pression pour respecter des délais qui compromettraient l’exigence d’une expertise scientifique rigoureuse. Ainsi, aucun remaniement n’est à prévoir au sein de l’exécutif concernant les questions environnementales.