
Guerre au Moyen-Orient : Les Etats-Unis frappent Iran, Oman, Koweït, Qatar.
Un navire a été touché par un « projectile non identifié » au large d’Oman, près du détroit d’Ormuz, le jeudi à 19 miles nautiques de la ville omanaise de Khasab. Le ministère iranien de la Santé a affirmé vendredi que 38 personnes avaient été tuées et plus de 400 blessées lors de frappes américaines sur l’Iran depuis le 22 juin.
Un navire a été touché par un « projectile non identifié » au large d’Oman, près du détroit d’Ormuz, selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO. L’incident s’est produit jeudi à 19 miles nautiques de la ville omanaise de Khasab, provoquant « des dégâts structurels mineurs à bâbord ». L’UKMTO a précisé que les membres d’équipage étaient « sains et saufs » et que le navire poursuivait « sa route vers son prochain port d’escale ».
Le ministère iranien de la Santé a rapporté vendredi que depuis le 22 juin, 38 personnes avaient été tuées et plus de 400 blessées lors de frappes américaines sur l’Iran. À 6H30 locales (03H00 GMT), Hossein Kermanpour, porte-parole du ministère, a déclaré sur X que « le nombre de blessés lors d’attaques américaines a dépassé les 400, et 38 compatriotes sont morts en martyrs », en ajoutant que parmi les victimes figuraient trois femmes et un mineur.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé vendredi avoir bombardé deux sites de radars américains situés à Oman, sur la rive sud du détroit d’Ormuz. Dans un communiqué, l’armée idéologique de la République islamique a indiqué que ses forces avaient « visé et détruit le radar de surveillance maritime dans la région de Salamah, et le radar de surveillance aérienne américain situé dans la région de Ghanam à Oman », en représailles aux frappes américaines sur l’Iran.
Les Gardiens de la Révolution ont également déclaré avoir attaqué la base militaire d’Al-Tanf, dans le sud-est de la Syrie, selon la télévision d’État. Ils ont mentionné que leur aviation avait « mené une attaque-surprise contre le centre de commandement des opérations spéciales de l’ennemi dans la région d’Al-Tanf, en Syrie ». Les États-Unis avaient annoncé en février s’être retirés de cette base et avoir cédé le contrôle à l’armée syrienne.
Un porte-parole de l’armée iranienne a averti jeudi soir que « si les Américains frappent les infrastructures de la République islamique, alors toutes les infrastructures de la région deviendront des cibles légitimes pour l’Iran », selon un message relayé par la télévision d’État.
L’armée de l’air du Koweït a indiqué vendredi faire face à des « attaques de drones et de missiles » attribuées à l’Iran, lequel a affirmé avoir visé des sites « de déploiement des forces américaines et de soutien logistique à l’armée » des États-Unis. À Bahreïn, les sirènes d’alerte ont été déclenchées à deux reprises, et Téhéran a annoncé avoir ciblé des hélicoptères et avions de l’armée américaine. Au Qatar, le ministère de la Défense a affirmé avoir repoussé une attaque de missiles, alors que des explosions avaient été entendues par des journalistes de l’AFP à Doha, la capitale.
De nouvelles frappes américaines ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, visant plusieurs infrastructures dans le sud de l’Iran près du détroit d’Ormuz. Selon les médias iraniens, un aéroport et deux ponts ont été attaqués, et la télévision d’État Irib a précisé que l’aéroport d’Iranshahr avait été touché par « au moins un projectile de l’ennemi américain ». Par ailleurs, plusieurs sites de l’île de Qeshm avaient également été frappés. Des autorités locales ont rapporté que des missiles avaient touché différents secteurs de l’île vers 18h, heure locale.
Islamabad a appelé jeudi Washington et Téhéran à mettre fin aux hostilités et à relancer le dialogue prévu par l’accord conclu en juin avec la médiation pakistanaise. Malgré les difficultés à mettre en œuvre cet accord, le Pakistan « continuera d’encourager toutes les parties » à reprendre les discussions techniques, a assuré Tahir Andrabi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Téhéran a dénoncé jeudi les frappes américaines menées près d’un hôpital pour enfants à Ahvaz, les qualifiant d’« attaque barbare ». Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, a signalé que cette opération avait causé « de vives souffrances et une grande anxiété » chez les enfants hospitalisés et avait contraint les autorités à évacuer en urgence « 211 patients suivant une chimiothérapie ».
Les informations sur la reprise du conflit entre les États-Unis et l’Iran suivent de près la situation. La trêve a été de courte durée, puisque les frappes américaines sur le territoire iranien se sont intensifiées ces derniers jours, tandis que Téhéran a ciblé des navires marchands dans le détroit d’Ormuz ainsi que des alliés américains du Golfe, notamment le Koweït et le Qatar.
