Belgique

Cinq mois après, le gouvernement bruxellois ne change pas de cap.

La mise en place de cette coalition a exigé « 600 jours pour mettre en place le gouvernement », selon Ahmed Laaouej. Le ministre-président a précisé que l’objectif fondamental reste le maintien d’une trajectoire permettant d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2029.


La création de cette coalition a nécessité une immense patience, car il a fallu « 600 jours pour mettre en place le gouvernement », rappelle Ahmed Laaouej. Dès son entrée en fonction le 14 février dernier, l’exécutif a travaillé sur une tâche difficile, comme le souligne Boris Dilliès : « remettre une trajectoire budgétaire, d’avoir un budget, et ensuite de pouvoir avancer sur une série de projets ». Le ministre-président rappelle ainsi que l’objectif principal reste d’atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2029.

La situation financière des pouvoirs publics, notamment celle de Bruxelles, est reconnue comme très compliquée, mais la méthode de redressement choisie a été mesurée. Ahmed Laaouej évoque un accord gouvernemental fondé sur « des efforts mais sans austérité ». Il souligne qu’une discipline budgétaire ne signifie pas des coupes drastiques aveugles : aucune contribution financière n’a été demandée aux communes, et le soutien au secteur associatif, notamment grâce au maintien des emplois subventionnés (ACS), a été conservé.

En matière de fiscalité, des mesures concrètes ont été mises en place pour rassurer les citoyens. Boris Dilliès met en avant « le doublement de la prime Be Home, donc les Bruxellois vont voir leur précompte immobilier diminuer ». Cette volonté de soutenir le pouvoir d’achat est également soulignée par Ahmed Laaouej, qui insiste sur la « diminution de l’impôt sur les personnes physiques de 1% ».

L’hétérogénéité de la majorité réunissant « sept familles politiques différentes » entraîne inévitablement un large éventail de priorités d’action. Pour Boris Dilliès, l’accent est mis sur la sécurité, la mobilité et la rationalisation de l’administration publique. Il évoque l’avancement du travail sur « la question du Plan Gare, sur le commissariat à la lutte contre la drogue, sur la simplification administrative », ainsi que la suppression des trottinettes partagées prévue pour 2027.

Pour Ahmed Laaouej, les priorités se situent plutôt dans les domaines de la santé, du logement et de l’éducation. Le ministre de l’Action sociale rappelle l’importance d’ »investir dans le logement parce que c’est vraiment essentiel », tout en mentionnant un investissement de « plus de 130 millions d’euros pour rénover nos hôpitaux ». La lutte contre le décrochage scolaire est également une priorité, avec l’objectif de permettre aux jeunes en difficulté de réussir leur scolarité, condition nécessaire pour « devenir les adultes de demain, dans de bonnes conditions et surtout de pouvoir après construire un projet de vie ».

Cependant, malgré ces progrès, le bilan des cinq premiers mois a été terni par le scandale du Foyer anderlechtois. Le ministre-président admet que cette crise a « pollué » leur action pendant ces deux à trois derniers mois. En réponse à cette situation de blocage, l’exécutif a décidé d’envoyer un commissaire spécialisé pour remédier aux dysfonctionnements observés. Selon Ahmed Laaouej, ce commissaire aura pour mission « jusqu’à fin novembre […] de faire en sorte que les organes de gestion fonctionnent bien » et d’améliorer les structures de management. Parallèlement, le Parlement bruxellois a exercé un contrôle démocratique rigoureux, comme l’indique le membre du PS, à travers un processus « très très intense », qui s’est traduit par plus de 150 heures d’auditions et l’audition de pas moins de 40 personnes.

Cette commission a surtout servi à « ramener de la sérénité, c’est vrai, tant à Anderlecht qu’au sein de la majorité », admet le leader du PS bruxellois.

Gérer une coalition de sept membres reste, selon Boris Dilliès, « un exercice qui n’est pas simple : c’est probablement le gouvernement le plus complexe du royaume ». Les frictions sont présentes et les attentes sont élevées, reconnaît le libéral. L’ensemble repose sur le « respect » envers les partenaires : « Je veille à ce que chacun soit respecté, à ce que l’accord de gouvernement soit respecté ». Pour l’instant, cela semble tenir. Les prochaines élections auront probablement lieu dans 1059 jours.