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Éventail ou mini-ventilo : quel est le meilleur pour la canicule ?

Le mini-ventilateur USB est vendu dans divers lieux tels que les marchés, supermarchés, et plateformes de e-commerce. Selon les données, 7,1 millions d’unités de mini-ventilateurs ont été vendues au Royaume-Uni en 2024, avec 3,4 millions déjà jetées la même année.


Quiconque utilise les transports en commun a sûrement remarqué ce mini-ventilateur USB, souvent tenu entre deux aisselles moites, vrombissant tel un moustique sous stéroïdes. Ce gadget en plastique est disponible partout : dans les marchés, supermarchés, sur les plateformes de e-commerce, et même chez les vendeurs à la sauvette. La chaleur, implacable, ne faiblit pas. Après un mois de juin historique – avec des températures atteignant 43,8 °C à Saintes et 40 °C à Paris, et 72 départements en vigilance rouge –, juillet s’annonce encore plus chaud, avec déjà 72 départements en vigilance orange et des pointes à 42 °C dans le Sud. Sur ce ring surchauffé, le mini-ventilateur affronte un concurrent qui a fait ses preuves depuis 5 000 ans : l’éventail. Cinq rounds, un vainqueur. Ding ding.

Round n° 1 : L’efficacité

Le mini-ventilateur promet beaucoup, mais ne tient pas ses promesses : il ne fournit qu’un léger filet d’air durant le trajet. L’éventail a la même fonction – faciliter l’évaporation de la sueur – mais il ne tombe jamais en panne, ni de pile ni de câble. Un simple mouvement du poignet est suffisant pour obtenir une fraîcheur maximale avec un effort minimal.

Verdict : égalité technique, mais l’éventail reste toujours opérationnel. Léger avantage pour l’éventail.

Round n° 2 : L’écologie

Coup dur pour le mini-ventilateur : il est fabriqué en plastique de faible qualité et utilise du lithium provenant de loin, avec une durée de vie d’un ou deux étés. Au Royaume-Uni, 7,1 millions d’unités ont été vendues en 2024, tandis que 3,4 millions étaient déjà jetées la même année ! Une « aberration écologique », critique la presse.

Le véritable coup de grâce vient de la philosophie. « Il fait chaud à en crever. Le génie capitaliste a trouvé la solution », ironise Anne-Sophie Moreau dans un éditorial de Philosophie Magazine. Elle perçoit cela comme un renoncement collectif face au climat, soulignant que chacun préfère sa bulle plutôt qu’un effort collectif. Citant Beck (« la misère est hiérarchique, le smog est démocratique ») et Sloterdijk, elle conclut : « chacun sa clim’, chacun son chemin ». Elle admet qu’elle cédera aussi à la tentation. L’éventail, quant à lui, consomme presque rien : fabriqué en bois et en tissus, il est biodégradable et ne pollue pas l’air.

Verdict : K.-O. technique et philosophique pour l’éventail.

Round n° 3 : Le style

Repéré dans les coulisses de la Fashion Week homme à Paris fin juin, le mini-ventilateur n’a jamais fait son apparition sur un podium. L’éventail, en revanche, a été plébiscité dès les années 2000 par Karl Lagerfeld, avant de revenir dans la tendance Y2K. Lors de son deuxième défilé haute couture pour Dior, Jonathan Anderson a offert à ses invités des éventails noirs en bambou, utilisés dans les jardins du musée Rodin, et a construit sa collection autour de cette iconographie : chapeaux métalliques, cols incurvés, robes plissées, inspirés de la série « Peacock » de Lynda Benglis.

Avant cela, Duvelleroy avait déjà collaboré avec Balenciaga pour son défilé couture de l’été 2025 et avec Chanel pour le défilé Métiers d’art 2026 à New York, tout en multipliant les collaborations populaires avec des créateurs comme Castelbajac ou The Frankie Shop.

Côté célébrités, le palmarès est impressionnant. Beyoncé a intégré l’éventail comme un élément chorégraphique lors de sa tournée Renaissance, Lady Gaga en a utilisé un dans un style très Renaissance italienne lors de son avant-première « MAYHEM Requiem », Carla Bruni a opté pour un modèle en tulle lors du dernier Met Gala, et Katy Perry a posé avec un modèle rouge Duvelleroy x Castelbajac portant l’inscription « Air Conditioning », un succès chez Colette. Plus récemment, Madonna a été aperçue avec un éventail en dentelle noire lors de l’after party Saint Laurent en juin.

Verdict : large victoire de l’éventail, bien que le mini-ventilateur ait réussi une percée inattendue en coulisses.

Round n° 4 : La durabilité

Le mini-ventilateur ne dure généralement qu’un ou deux étés avant qu’une pale ne se torde ou qu’une batterie ne lâche. À l’inverse, l’éventail n’a pas de date d’expiration : le flabellum accompagnait déjà les pharaons, tandis que l’éventail plié a vu le jour au Japon, avant de se répandre en Chine et dans les cours européennes au XVIe siècle. L’exposition « Fanmania » au Met a récemment salué cette longue histoire.

Verdict : l’éventail gagne par forfait, l’adversaire ne peut même pas tenir la distance.

Round n° 5 : La symbolique

Le mini-ventilateur ne véhicule aucun message – à l’exception d’un mode d’emploi en douze langues. En revanche, l’éventail sait communiquer : posé contre la joue, il signifie « je vous aime » ; devant le visage, il codifie « suivez-moi » ; agité rapidement, il déclare « je suis fiancée ». C’est tout un langage codé, hérité des siècles romantiques. En France, il a même été un accessoire d’affirmation identitaire pour la communauté LGBTQ+. Aujourd’hui encore, il véhicule des messages explicites : le modèle Castelbajac x Duvelleroy déclare « Air Conditioning », tandis que l’éventail signature de Chaka Khan est griffé de son empreinte de lèvres – un peu comme un tee-shirt à message qu’on ferme d’un geste.

Verdict : hors catégorie, mais l’éventail prend une longueur d’avance.

Cinq rounds, cinq victoires, trois K.-O. clairs : l’éventail remporte ce combat sans jamais avoir besoin de recharger une batterie. Il continuera à traverser les décennies, un poignet à la fois, et nous en sommes tous fans.