
Incendie à Bangkok : au moins 27 morts dans un bar
Dimanche soir, un incendie a embrasé le bar-restaurant Rong Beer Na Lat Phrao, faisant 27 morts et 63 blessés, dont 22 dans un état critique. En 2022, 25 personnes étaient mortes dans l’incendie d’une discothèque dans la province de Chonburi.
C’est au Rong Beer Na Lat Phrao, un bar-restaurant de la périphérie de Bangkok, que la tragédie s’est produite dimanche soir. Un incendie d’une intensité extrême a soudainement ravagé ce lieu bondé, piégeant les clients dans une atmosphère toxique et transformant cette soirée festive en un véritable huis clos mortel.
Des vidéos amateurs choquantes témoignent du chaos qui s’est emparé des lieux. Les images montrent des dizaines de fêtards terrorisés s’enfuyant en hurlant, certains courant sur le trottoir avec des vêtements en flammes alors que le feu s’échappait déjà de l’entrée principale.
Le gouverneur de la ville, Chadchart Sittipunt, a déclaré à la presse : « Le feu s’est propagé très rapidement, atteignant le plafond. La fumée a probablement été la cause principale des décès. » Il a confirmé que 27 personnes étaient mortes et 63 autres hospitalisées, dont 22 dans un état critique, précisant qu’une enquête était en cours. Les autorités ont indiqué lundi avoir identifié 10 des victimes jusqu’à présent, dont neuf thaïlandaises et une laotienne. Plusieurs victimes ont été retrouvées près de la sortie de secours, laissant penser que celle-ci pourrait avoir été bloquée.
Lundi matin, un journaliste de l’AFP a aperçu plusieurs sacs mortuaires devant le bar-restaurant, où de nombreux services d’urgence étaient présents. « J’ai entendu de grands cris de beaucoup de gens à l’intérieur, c’était le chaos », a raconté Kan Kutirat, un touriste laotien. Il était au bar vers 22 heures lorsqu’il a remarqué de la fumée s’élever près de la scène. « Je me sens déprimé. J’ai vu beaucoup de morts et je ne sais pas ce qui est arrivé aux gens que j’ai aidés », a déclaré Surin Jaiharn, un mototaxi de 45 ans, qui a indiqué avoir secouru cinq personnes en utilisant des tissus pour éteindre les flammes sur elles, tandis qu’un autre conducteur éloignait une victime du danger.
Des constatations préliminaires suggèrent la présence de « angles morts » sans issue de secours visible, a déclaré le Premier ministre plus tard aux journalistes à l’Hôtel de ville de Bangkok. Il a appelé à attendre le rapport des enquêteurs, tout en soulignant qu’il n’y aurait « aucune indulgence si des lois ont été enfreintes ».
La police thaïlandaise a affirmé sur les réseaux sociaux, vers 2 heures lundi, que l’incendie avait été « maîtrisé ». Dans le bar, dont l’odeur de plastique brûlé persistait des heures après la catastrophe, un journaliste de l’AFP a observé des rangées de tabourets et de bouteilles de bière recouvertes de poussière blanche, tandis que la plupart des fenêtres avaient explosé et qu’un petit groupe de personnes se tenait à l’extérieur. Selon Suriyachai Rawiwan, chef du service de prévention des catastrophes de Bangkok, les autorités ont atteint le site cinq minutes après le signalement, mais « l’incendie s’était déjà répandu sur toute la zone, rendant l’accès difficile ». Il a précisé que lors de leurs recherches, ils avaient découvert des tables et des sièges bloquant les voies, avec une chaleur intense.
La réglementation thaïlandaise sur la sécurité et la santé, particulièrement laxiste dans les bars et boîtes de nuit, suscite depuis longtemps des inquiétudes. En 2022, 25 personnes avaient déjà perdu la vie dans l’incendie d’une discothèque dans la province de Chonburi. En 2009, un autre club avait été victime d’un incendie à Bangkok pendant le Nouvel An, causant 67 morts et plus de 200 blessés, illustrant ainsi la récurrence de tels drames et les failles persistantes dans le contrôle des établissements nocturnes de la capitale.
