
Crise à Ceuta : 22 pays de l’UE réclament une visioconférence d’urgence, Madrid évoque une situation « quasiment » normale.
Vingt-deux dirigeants de l’Union européenne, parmi lesquels la Première ministre italienne et le chancelier allemand, ont sollicité samedi une « visioconférence d’urgence » des ministres européens de l’Intérieur afin d’évaluer et de répondre à la crise à Ceuta. Dans une lettre ouverte, les signataires affirment : « Nous ne pouvons permettre que des franchissements massifs et incontrôlés, l’instrumentalisation des migrations ou d’autres menaces hybrides donnent le sentiment qu’il est possible d’entrer illégalement dans l’Union européenne. Et qu’une entrée illégale puisse ensuite se transformer en séjour légal. »
Ils ajoutent que « les événements de ces derniers jours exigent une réponse européenne immédiate et coordonnée », dans cette lettre adressée à la présidence irlandaise de l’UE, au président du Conseil européen Antonio Costa et à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré samedi qu’il n’était « absolument pas question » que l’Espagne quitte la zone Schengen, soulignant que la France entretenait « une coopération très, très, très bonne avec l’Espagne ». Interrogé lors d’un point-presse sur la durée du renforcement de la frontière franco-espagnole, Laurent Nuñez a précisé que cela durerait « autant qu’il le faudra ». Par ailleurs, l’Italie a annoncé la suspension temporaire de son espace de libre circulation avec l’Espagne.
Le ministre espagnol de l’Intérieur a annoncé que la situation dans l’enclave de Ceuta était « quasiment » revenue à la normale et que « presque » tous les migrants arrivés ces derniers jours avaient regagné le Maroc. Fernando Grande-Marlaska a déclaré lors d’un point-presse depuis Ceuta : « La crise ne peut évidemment pas être considérée comme terminée (…) mais nous disons que l’évolution est très importante. »
Au moins 67 migrants ont perdu la vie en tentant d’entrer à Ceuta, selon les déclarations du ministre espagnol de l’Intérieur. Ce dernier a qualifié ces événements de « tristes, dramatiques ». Il a également indiqué que « en moins de 48 heures, la situation à Ceuta n’a plus rien à voir et un retour à la normale est en cours. »
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a dénoncé ce samedi l’attitude « égoïste » de certains pays de l’Union européenne face à la crise migratoire dans l’enclave espagnole de Ceuta. Il a demandé une réunion en visioconférence des ministres de l’Intérieur des 27. Dans une lettre adressée aux chefs des institutions européennes, il a écrit : « Une telle attitude – motivée par les préjugés, les fausses informations, l’ignorance ou des intérêts politiques – est non seulement contraire au droit européen, au droit humanitaire et aux principes de solidarité qui nous unissent, mais elle va également à l’encontre des intérêts à long terme de l’Europe. »
Selon le gouvernement espagnol, « la quasi-totalité » des dizaines de milliers de migrants qui sont entrés ces derniers jours dans l’enclave de Ceuta sont retournés au Maroc. Depuis le début de la crise, Madrid fait face à de vives critiques de la part d’autres pays de l’Union européenne.
La crise migratoire a éclaté en Europe suite à l’arrivée d’environ 60.000 migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta ces derniers jours, bien que le gouvernement espagnol indique que « la quasi-totalité » de ces personnes sont retournées au Maroc. Madrid est sous le feu des critiques d’autres pays de l’Union européenne, où la question de l’immigration demeure un sujet sensible. Suivez avec nous les informations de ce samedi 1er août sur ce sujet dans notre live.
