Belgique

Les data centers menacent le réseau électrique à Bruxelles.

À Bruxelles, le fonctionnement du réseau électrique rappelle celui d’un réseau autoroutier, avec des lignes haute tension qui traversent la ville et un anneau qui l’entoure. Elia, le gestionnaire du transport d’électricité, supervise ce système, tandis que Sibelga s’occupe de la distribution au sein de la capitale. Cependant, l’essor de plusieurs data centers dans et autour de Bruxelles, qui consomment une quantité d’énergie considérable, pose des défis. Ces installations se connectent directement aux lignes à haute tension, ce qui, selon Brugel, l’autorité de régulation bruxelloise, pourrait engendrer des complications. Karine Sargsian, directrice par intérim de Brugel, souligne que cette surcharge en amont a déjà des répercussions en aval. Elle déclare : « Le fait de surcharger en amont le réseau fait que les conséquences se répercutent en région de Bruxelles-Capitale, notamment pour certains types de clients qui font des demandes de raccordement. »

Pour répondre à cette demande croissante, Bruxelles envisage l’introduction de contrats de raccordement « flexibles ». Cela impliquerait que certains utilisateurs reçoivent des notifications leur demandant de réduire leur consommation à des moments précis. Karine Sargsian précise : « Ce n’est pas une coupure d’électricité, c’est une diminution. Par exemple, pour les bornes de recharge électrique pour voitures, ça veut dire que la voiture ne pourra pas être chargée quand on va activer cette flexibilité. » Catherine Wojcicka, porte-parole d’Elia pour Bruxelles, ajoute que « le cadre réglementaire relatif aux raccordements flexibles est en cours d’élaboration par les décideurs politiques à Bruxelles. » Ces mesures viseraient principalement les grands consommateurs d’énergie, tels que les data centers ou de grands complexes résidentiels, sans impact sur les ménages bruxellois.

Pour l’heure, les particuliers et les petites entreprises ne devraient pas ressentir d’effets immédiats. Serena Galeone, porte-parole de Sibelga, assure que la situation est sous contrôle à court terme. Elle déclare : « Nous anticipons le besoin croissant en électrification. Sibelga prévoit, tout comme les autres gestionnaires de réseau, d’investir 600 millions d’euros entre 2026 et 2030. » Elle ajoute que des scénarios sont élaborés pour garantir la disponibilité de la capacité sur le réseau.

Face à l’augmentation des data centers, Brugel appelle à une meilleure coordination entre les autorités régionales et fédérales, représentées par Elia, afin de gérer efficacement cette situation.