
Éclipse du 12 août : réglementation sur le drone en France et Espagne
Le 12 août 2026, un événement astronomique exceptionnel se déroulera en fin de journée, attirant l’attention de nombreux passionnés en France et en Espagne : une éclipse solaire. Les observateurs en Espagne auront la chance d’assister à une éclipse totale, tandis que la France ne connaîtra qu’une occultation partielle, atteignant plus de 95 % de couverture solaire dans certaines régions du sud-ouest, selon le CNES.
L’éclipse totale en Espagne se produira entre 20h26 et 20h33, mais sa durée sera très brève, ne dépassant pas deux minutes. En France, les phases partielles commenceront dès 19h dans le nord et se poursuivront jusqu’à 21h30 dans le sud.
À l’approche de cet événement, une question se pose pour les amateurs de drones : est-il permis de faire voler son appareil pour capturer ce moment unique ? Avant de se plonger dans la réglementation, il est essentiel de prendre en compte le timing de l’éclipse. À son apogée, le Soleil sera bas à l’horizon, rendant les lieux d’observation prisés, comme les plages et les belvédères, particulièrement fréquentés.
Le cadre législatif pour les vols de drones a évolué en France depuis le 1er janvier 2026. Pour opérer un drone en catégorie ouverte, plusieurs règles doivent être respectées : une altitude maximale de 120 mètres, le maintien du drone en vue directe, l’interdiction de survoler des personnes (sauf pour les drones de moins de 250 grammes), et l’interdiction stricte de survoler des rassemblements. De plus, tout pilote doit s’enregistrer sur la plateforme AlphaTango si son drone pèse plus de 250 grammes ou est équipé d’une caméra, ce qui est souvent le cas pour les modèles utilisés pour filmer.
Une modification récente de la réglementation permet désormais le survol d’espaces publics en agglomération, mais uniquement pour des vols à caractère professionnel, et cela nécessite une déclaration préalable au préfet avec un préavis de dix jours. Pour les amateurs, il reste interdit de faire voler un drone au-dessus de zones peuplées.
Pour ceux qui envisagent de filmer l’éclipse, il est crucial de planifier à l’avance. En raison du préavis requis pour les vols en agglomération, les pilotes souhaitant capturer des images le 12 août devront se rendre en dehors des zones urbaines, loin des foules, et obtenir l’accord du propriétaire s’ils décollent d’un terrain privé.
Il est également important de vérifier les zones de vol à l’aide de plusieurs sources, car des restrictions peuvent ne pas être visibles sur Géoportail. Les NOTAM et les publications d’information aéronautiques fournies par le SIA, ainsi que les arrêtés municipaux, sont des ressources essentielles pour éviter les zones interdites qui pourraient compromettre un vol.
En ce qui concerne les vols de nuit, bien que la réglementation stipule que le vol de nuit est interdit en catégorie ouverte, l’éclipse se produira pendant la journée, ce qui pourrait permettre un vol légal, à condition de respecter l’obligation de garder le drone en vue. Cela pourrait poser problème lors de l’éclipse totale, où la luminosité chutera rapidement, rendant difficile le maintien du drone dans le champ de vision.
Du côté espagnol, la législation est similaire à celle de la France, mais avec quelques différences. Les pilotes doivent s’enregistrer auprès de l’Agence espagnole de sécurité aérienne (AESA) et obtenir un certificat A1/A3. Une particularité espagnole est qu’il est nécessaire de notifier le ministère de l’Intérieur pour toute opération en milieu urbain, avec un préavis de cinq jours.
Les autorités espagnoles anticipent une forte affluence pour l’éclipse, ce qui pourrait compliquer les tentatives de vol. Par exemple, la Communauté valencienne a décidé de fermer ses parcs naturels en raison du risque d’incendie. Des points d’observation officiels ont été désignés, accompagnés de dispositifs de sécurité importants.
Enfin, bien que les drones puissent offrir des perspectives intéressantes pour filmer l’éclipse, leur utilisation pose des défis techniques. Les capteurs des drones grand public ne sont pas toujours adaptés pour capturer des images de près du Soleil sans risque de dommages. Cependant, ils peuvent être employés pour des prises de vue plus larges, comme les ombres de la Lune ou les changements de lumière dans le paysage, à condition de choisir un emplacement dégagé et de planifier soigneusement le vol.
