
Préparation des forêts aux incendies par pompiers et DNF
Dans les 10 à 15 prochaines années, la Belgique devra faire face à une augmentation significative des incendies de forêt, qui deviendront à la fois plus fréquents et plus intenses. Actuellement, le nord du pays est le plus touché, mais les prévisions indiquent que la Wallonie sera bientôt davantage exposée à ce type de risque. Conscient de cette évolution, le Département Nature et Forêts (DNF) intensifie ses efforts de prévention. Stéphan Adant, chef de cantonnement au DNF à Vresse-sur-Semois, souligne l’importance de sensibiliser le public pour éviter les départs de feu.
Accompagnant Adant lors d’une tournée, nous le voyons vérifier les panneaux d’information sur le risque d’incendie près d’une aire de pique-nique. Il s’assure également qu’aucun feu illégal n’est en cours et profite de l’occasion pour sensibiliser les visiteurs. Ce type d’intervention fait partie des efforts quotidiens du DNF, qui agit à travers tout le territoire forestier.
Pour faire face à la menace croissante des incendies, une des stratégies envisagées est la diversification des forêts. Adant explique : « Avoir des espèces différentes, d’âge et de taille variables va ralentir les flammes. Certaines essences brûlent moins bien, tandis que d’autres, plus hautes ou plus anciennes, résistent différemment. » Cette approche est d’autant plus pertinente dans le contexte de l’évolution climatique.
Lors d’une visite dans une zone où cette diversification est en cours, Adant précise que la sylviculture héritée de monocultures doit être renouvelée. « Nous avons coupé une parcelle de Douglas en fin de vie et allons la remplacer par une variété de feuillus de différents âges. Lors de la replantation, nous prenons en compte l’évolution du climat. » Cependant, il souligne que transformer les forêts est un processus long, s’étalant sur 80 à 120 ans, et qu’il faut également tenir compte des contraintes économiques et des divers propriétaires forestiers.
En France, des initiatives similaires sont mises en œuvre, avec des coupe-feu créés pour ralentir la propagation des flammes. Vincent Verrue, membre du DNF, note que les coupe-feu existants en Belgique sont souvent trop petits pour faire face aux incendies modernes, qui pourraient se propager au niveau des cimes. « Nous devons élargir ces coupe-feu de 20 à 25 mètres et entretenir la végétation qui pousse au centre », explique-t-il, ajoutant que cela nécessite des investissements et la coopération des propriétaires.
Parallèlement, le DNF et les pompiers de la zone DINAPHI (Dinant-Philippeville) travaillent à une cartographie détaillée des accès aux forêts. Francis Dixheures, capitaine des pompiers, souligne l’importance de cette cartographie pour identifier rapidement les lieux de départ de feu et planifier les interventions. « Nous avons classé les chemins en trois catégories en fonction de leur accessibilité pour les véhicules d’intervention », précise-t-il.
Cette cartographie, inspirée du modèle français, permet également de localiser les points d’eau et d’identifier les zones à éviter. Le recensement est particulièrement avancé dans la zone DINAPHI, mais se poursuit également dans d’autres régions sensibles de Wallonie.
La collaboration entre le DNF et les pompiers est cruciale. « Nous fournissons des informations sur des éléments non visibles sur la carte, comme des masses d’arbres susceptibles de brûler plus vite », ajoute Verrue. Cette synergie est essentielle pour protéger les forêts wallonnes, qui couvrent un tiers du territoire, ainsi que les millions de résidents vivant à proximité de ces espaces naturels.
