
Incendies en Gironde : avenir du bois des milliers d’hectares ravagés ?
Pour l’heure, la priorité est de maîtriser le feu. La filière bois est mobilisée aux côtés des pompiers et du secteur agricole, notamment pour établir des pare-feux et garantir l’approvisionnement des secours. Plus d’une centaine de machines sont déployées sur le terrain.
Les professionnels notent cependant qu’il est encore trop tôt pour établir un bilan précis. Avec plus de 42 000 hectares déjà brûlés en Gironde et de nombreuses routes toujours fermées, l’accès aux parcelles forestières pour évaluer les dégâts est difficile. De nombreux propriétaires privés ne savent même pas encore si leurs terrains ont été affectés.
Un incendie de forêt particulièrement virulent a ravagé plus de 2 000 hectares depuis le 22 juillet 2026 près du bassin d’Arcachon (Gironde), entraînant l’évacuation de près de 12 000 habitants et touristes de cette partie de la forêt des Landes de Gascogne.
La forêt des Landes constitue l’un des principaux pôles de production de la filière bois française. Entre 30 et 40 % du sciage destiné à la fabrication de palettes provient de ce massif forestier, qui s’étend sur plus d’un million d’hectares.
Les incendies perturbent également l’activité des entreprises de transformation du bois. Certaines usines sont à l’arrêt, les restrictions de circulation empêchant le transport des grumes. Une fois l’incendie maîtrisé, la filière prévoit de réorienter ses capacités vers les zones sinistrées afin de récupérer un maximum de bois avant qu’il ne se dégrade.
Un arbre touché par le feu n’est pas forcément perdu. Si les flammes n’ont endommagé que l’écorce, le bois peut encore être transformé en scierie. Lorsqu’il est davantage détérioré, il peut être utilisé par l’industrie papetière ou pour la fabrication de panneaux. En dernier recours, si le bois a perdu ses propriétés mécaniques, il peut servir de bois énergie dans des chaudières.
Les professionnels rappellent toutefois que le temps est compté. Les arbres brûlés deviennent rapidement vulnérables aux champignons et aux insectes. Les prochains mois seront donc consacrés au tri des parcelles les plus touchées afin de déterminer les priorités d’exploitation et, lorsque cela sera nécessaire, de replanter les zones détruites.
Après les incendies de 2022, une partie des forêts avait déjà été reconstituée. Mais, souligne la filière, la reconstruction d’un massif forestier s’inscrit dans le temps long.
