High-tech

Volvo offre 1 800 € à ses premiers acheteurs de l’EX90, promesse non tenue

Volvo abandonne le LiDAR. Le constructeur suédois a annoncé la cessation définitive de l’utilisation de ce capteur sur ses modèles EX90 et ES90, sans possibilité de retrait physique des véhicules déjà équipés. En Norvège, les clients concernés recevront une compensation de 1 800 euros pour des fonctionnalités qui ne seront finalement jamais mises en œuvre.

Volvo avait mis en avant le LiDAR comme un élément central de son EX90, présenté comme le SUV électrique le plus sûr jamais conçu par la marque. Ce dispositif, installé au-dessus du pare-brise, devait permettre une conduite plus autonome et réduire considérablement les accidents graves. Aujourd’hui, Volvo abandonne cet argument.

Le constructeur suédois confirme non seulement l’arrêt de sa collaboration avec Luminar, le fournisseur américain du capteur, mais également l’impossibilité de remédier à la situation pour les propriétaires déjà équipés : aucune solution de retrait n’est prévue, et le matériel restera en place, inactif, sans jamais tenir les promesses faites lors de l’achat.

En Norvège, où le marché électrique est important et où les ventes d’EX90 et d’ES90 sont significatives, Volvo a choisi de dédommager financièrement ses clients plutôt que de faire face à un contentieux plus large. Le montant de 1 800 euros, bien que modeste par rapport au prix d’un EX90, a le mérite d’exister.

Derrière cette décision se cache surtout l’histoire d’un fournisseur en difficulté. Luminar, qui avait fait de Volvo son client phare pour convaincre l’industrie du potentiel du LiDAR, traverse une période tumultueuse : licenciements, démission d’un dirigeant en pleine enquête interne, et une situation financière suffisamment dégradée pour inquiéter les investisseurs.

Cette faillite n’est plus une hypothèse : le 15 décembre 2025, Luminar a demandé la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, quelques semaines seulement après la perte du contrat avec Volvo. L’équipementier, qui affiche entre 500 millions et 1 milliard de dollars de passif, cherche désormais à vendre son activité LiDAR.

Volvo évoque officiellement un risque trop élevé sur sa chaîne d’approvisionnement et un manquement contractuel de son partenaire. Concrètement, cela signifie que la technologie n’était plus livrable dans des conditions fiables.

Pour rappel, le LiDAR est un système de détection qui envoie des impulsions laser dans l’environnement du véhicule pour en reconstituer une cartographie en 3D, avec une précision de distance très fine. Il complète généralement les caméras et les radars pour affiner la perception de l’espace autour de la voiture, notamment de nuit ou par mauvais temps.

Tesla, de son côté, n’a jamais voulu de cette technologie, jugée trop coûteuse et redondante avec une approche misant tout sur la vision par caméra. Elon Musk a longtemps qualifié le LiDAR de « béquille » inutile pour qui maîtrise vraiment le traitement d’image.

L’épisode Volvo ne donne pas raison à Tesla sur le fond, les deux approches ayant leurs limites, mais il illustre à quel point le pari du LiDAR grand public reste industriellement fragile, coincé entre coûts élevés et fournisseurs en difficulté.

Nous avons contacté Volvo France pour obtenir des informations sur la situation des clients français. Nous mettrons à jour cet article dès que nous aurons une réponse.