
Huile d’olive : la Tunisie bénéficie des nouveaux droits américains.
La filière tunisienne de l’huile d’olive continue de démontrer sa dynamique sur la scène internationale. Au cours des huit premiers mois de la campagne oléicole 2025-2026 (novembre 2025-juin 2026), les exportations tunisiennes ont atteint 352 mille tonnes, marquant une augmentation de 56,7 % par rapport à la même période de l’année précédente.
D’après les statistiques fournies par l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), les exportations sont passées de 224,6 mille tonnes à 352 mille tonnes durant cette période. En termes de valeur, les recettes ont connu une hausse de 45 %, atteignant 4,394 milliards de dinars tunisiens, soit environ 1,29 milliard d’euros, contre 3,03 milliards de dinars un an plus tôt.
Cette performance se déroule dans un contexte commercial particulièrement favorable pour les exportateurs tunisiens, notamment sur le marché américain.
Selon l’agence italienne ANSAmed, la Tunisie ne figure pas parmi les 60 économies ciblées par les nouvelles mesures tarifaires américaines adoptées dans le cadre des enquêtes menées au titre de la section 301 du Trade Act. Les produits tunisiens ne sont donc pas concernés par les nouvelles surtaxes additionnelles prévues pour les pays ciblés, bien que les exportations tunisiennes restent soumises au régime douanier ordinaire applicable aux États-Unis.
Cette situation pourrait constituer un avantage relatif pour l’huile d’olive tunisienne face à certains concurrents méditerranéens touchés par ces nouvelles mesures. Cependant, l’agence ANSAmed précise qu’il ne s’agit pas d’une exemption spécifique accordée à la Tunisie, mais simplement du fait que le pays n’a pas été inclus dans la liste des économies ciblées.
Les États-Unis se confirment comme un marché stratégique pour la Tunisie. Selon les données d’ONAGRI, les États-Unis sont désormais parmi les principaux acheteurs de l’huile d’olive tunisienne, juste derrière l’Espagne et l’Italie.
Durant les huit premiers mois de la campagne, l’Espagne a absorbé 32,4 % des volumes exportés, suivie par l’Italie avec 19,7 %, puis les États-Unis avec 19,4 %.
L’Europe demeure néanmoins la première destination globale pour l’huile tunisienne, représentant 56,8 % des volumes exportés, devant l’Amérique du Nord (24,2 %), l’Asie (11,3 %) et l’Afrique (3,9 %), selon les données rapportées par Agenzia Nova.
Malgré cette progression, un défi majeur persiste : celui de la valorisation locale. En effet, l’huile d’olive conditionnée ne représente que 13,7 % des exportations tunisiennes, tandis que 86,3 % quittent encore le pays sous forme de vrac.
Cette situation limite la capacité de la Tunisie à capter une plus grande valeur ajoutée, alors qu’une partie de son huile est ensuite conditionnée et commercialisée sur les marchés internationaux par des opérateurs étrangers.
Le segment biologique témoigne également du potentiel du produit tunisien. Les exportations d’huile biologique ont atteint 47,3 mille tonnes durant les huit premiers mois de la campagne, avec une valeur estimée à 622,4 millions de dinars, selon les chiffres rapportés par Agenzia Nova.
Avec une production exportée en nette progression et un contexte commercial favorable aux États-Unis, la Tunisie dispose d’une nouvelle opportunité pour renforcer la présence de son huile d’olive sur les marchés internationaux.
Cependant, l’enjeu dépasse désormais les volumes exportés : il s’agit pour la filière tunisienne de gagner davantage en valeur, notamment à travers le développement du conditionnement local, des marques tunisiennes et d’une meilleure commercialisation directe auprès des consommateurs étrangers.
