Belgique

Incendies en Europe : 300.000 personnes évacuées en France et Espagne, sinistrés dans les centres d’accueil.

En Gironde, où se déroule le plus important incendie de la saison en France, les secours ont ordonné de nouvelles évacuations samedi soir, notamment dans la commune de Cestas, qui compte environ 55.000 habitants.

Le feu, d’une intensité particulière, a déjà ravagé plus de 42.000 hectares, contre 32.000 la veille, soit plus de quatre fois la superficie de Paris. Selon les autorités, au moins 100 bâtiments et 140 habitations ont été détruits.

Les pompiers décrivent un incendie devenu extrêmement difficile à maîtriser. D’après le Service départemental d’incendie et de secours de la Gironde, le brasier a engendré un « pyrocumulonimbus », un immense nuage formé par la chaleur du feu, qui génère ses propres vents, rendant le comportement des flammes imprévisible.

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a averti que le feu sera « long à combattre » et que les habitants évacués ne pourront regagner leur domicile qu’une fois l’incendie maîtrisé.

Avec plus de 200.000 personnes contraintes de quitter leur domicile ou leur lieu de vacances, les autorités estiment qu’il pourrait s’agir de la plus vaste opération d’évacuation de civils jamais organisée en France en dehors d’un contexte de guerre.

Pour faire face à l’ampleur de la catastrophe, 1500 militaires ont été mobilisés en renfort. Pour la première fois, un avion de transport militaire A400M a également été déployé pour larguer jusqu’à 20.000 litres d’eau ou de retardant sur les flammes.

Dans la région bordelaise, les centres d’accueil continuent d’héberger des milliers de personnes ayant dû fuir précipitamment leur logement. « On nous a dit : il faut évacuer. On a vu des colonnes de fumée, comme un volcan qui allait exploser », raconte Frédéric Tavitian, un habitant de 70 ans, hébergé au parc des Expositions de Bordeaux.

Entre 5000 et 6000 personnes y ont passé la nuit sur des lits de camp ou des tapis de sol, souvent sans trouver le sommeil. Pour certains, le retour sera particulièrement douloureux. « C’est de la désolation », confie Matthieu Plessis, qui a découvert que sa maison avait entièrement brûlé pendant la nuit.

Cependant, une note plus positive se dessine : 3000 habitants de Biscarrosse ont pu regagner leur domicile samedi soir dans les zones où la situation est désormais stabilisée.

Au-delà de la Gironde, d’autres incendies continuent de mobiliser les secours.

Dans le Var, un feu a déjà parcouru 3250 hectares en cinq jours, entraînant l’évacuation d’environ 2000 personnes.

En Haute-Corse, les pompiers luttent également contre un incendie qui a détruit plus de 800 hectares de végétation dans le secteur de Corte.

L’autoroute A63, reliant Bordeaux à l’Espagne, reste fermée sur près de 60 kilomètres en raison de la progression de l’incendie. De plus, le trafic ferroviaire est interrompu ce dimanche au sud de Bordeaux jusqu’à nouvel ordre, selon la SNCF.

L’Espagne est également confrontée à des incendies d’une ampleur exceptionnelle. Autour de Madrid, 60.000 personnes ont déjà été évacuées. Samedi soir, les autorités ont ordonné l’évacuation de huit nouvelles communes dans la région de Tolède.

Les flammes ont ravagé jusqu’à 25.000 hectares à l’ouest de la capitale espagnole, où plusieurs incendies ont fini par se rejoindre.

Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, s’est montré pessimiste quant à l’évolution de la situation. « Les conditions météorologiques n’ont pas du tout aidé. La nuit ne s’annonce pas très favorable », a-t-il déclaré.

Dans les centres d’accueil, les évacués tentent de s’organiser tant bien que mal. « Un gymnase, ce n’est pas comme à la maison. Il y a des chiens, des gens qui ronflent », raconte Elvira Menéndez, évacuée de son village de Chapinería.

Une personne a également perdu la vie dans un incendie désormais maîtrisé près de Valence, dans l’est du pays.

Ces incendies surviennent dans un contexte de sécheresse persistante. Après les épisodes de canicule qui ont touché une grande partie de l’Europe en juin et en juillet, les sols et la végétation sont particulièrement secs, favorisant la propagation rapide des flammes et compliquant le travail des secours.

Les autorités françaises et espagnoles restent en état d’alerte, alors que les conditions météorologiques demeurent défavorables et que la lutte contre les incendies devrait se poursuivre dans les prochains jours.